Philippe Close sur les émeutes: "Les casseurs sont quasi tous des multirécidivistes"
Selon le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, il est trop tôt pour faire un lien entre les trois émeutes survenues dans la capitale ces quinze derniers jours.
- Publié le 27-11-2017 à 06h23
- Mis à jour le 27-11-2017 à 06h24

Selon le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, il est trop tôt pour lier les trois émeutes survenues dans la capitale ces quinze derniers jours.
Trois saccages de magasins en bande désorganisée en quinze jours, ça fait beaucoup ! Chaque épisode suscite un peu plus l'incompréhension, le dégoût, la recherche – parfois – de solutions radicales. "Tolérance zéro" constitue sans aucun doute le terme le plus souvent utilisé ces derniers jours par nos élus. Proposer une méthode aussi radicale avant de savoir ce qui s'est réellement passé, avant de connaître le profil exact des casseurs de samedi soir ou de ceux des deux émeutes précédentes n'a pas beaucoup de sens. C'est la vision du bourgmestre de la Ville de Bruxelles, qui nous en dit plus sur le profil de ces vandales, casseurs, etc.
Sait-on déjà si les casseurs de samedi soir sont les mêmes – en tout ou en partie – que ceux du match Côte d'Ivoire – Maroc ?
"Les informations que nous avons en notre disposition sont trop partielles pour l'affirmer. Nous savons juste que les casseurs de samedi soir venaient, à part quasi égale, de différents quartiers de la capitale et de Flandre. Mais il est un peu tôt pour affirmer que ceux qui sont venus samedi présentent le même profil que ceux de La Bourse (Côte d'Ivoire – Maroc, NDLR). Je vais donc vous livrer mon sentiment. Je pense qu'il y a eu un effet copycat entre ce qui s'est passé le mercredi du côté de la place de la Monnaie (suite à l'appel du youtubeur Vargasss92, NDLR) et le samedi précédent place de la Bourse."
Et pour samedi soir ?
"Je pense que c'est différent. Une manifestation sur le même thème a aussi dégénéré à Paris cette semaine. Des identitaires sont venus perturber les manifestants. Plus largement, il arrive régulièrement que des manifestations soient infiltrées par des identitaires à Paris. À Bruxelles, on échappe, pour l'instant, à ce phénomène."
Les profils des casseurs présentent néanmoins certains rapprochements…
"Nous remarquons deux constantes, du moins sur les deux premiers événements. Primo : les casseurs interpellés sont, en très large majorité, mineurs. Ils ont quasi tous entre 15 et 18 ans. Secundo : la plupart sont connus des autorités judiciaires. Soit ils ont déjà un casier, soit ils sont connus de la police. Ils présentent, en tous les cas, quasi tous un profil de multirécidiviste".
C'est donc le fait d'une minorité, pas un phénomène d'ampleur prenant corps chez une jeunesse en difficulté ?
"J'entends souvent dire que c'est la faute au manque d'investissement vis-à-vis de la jeunesse. Que cette jeunesse est désœuvrée, se sent abandonnée. C'est possible pour une partie d'entre eux mais je suis persuadé qu'il s'agit d'une extrême minorité. Une minorité sur la mauvaise pente, qui s'enfonce. Qu'il ne faut pas abandonner. Mais la très grande majorité des jeunes 'de quartier'va à l'école, trouve un job, etc. Certaines politiques mises en place n'ont peut-être pas fonctionné mais il ne faut pas généraliser."
Un épiphénomène donc ?
"Non ! Nous ne cherchons pas à minimiser le phénomène. En tant que bourgmestre, j'assume tout. Mais je réfute certains commentaires entendus ci et là. À Bruxelles, il n'y a pas de no go zone. Les policiers vont partout. Mais oui, il y a un noyau de personnes qui n'ont pas forcément de lien entre eux mais sur lesquelles il faut clairement serrer la vis."
Au regard des informations que vous possédez, que pensez-vous des propos de Jan Jambon qui affirme que ces trois émeutes sont liées ?
"Il est facile de tirer des conclusions rapides. Mais je ne veux pas rentrer dans des polémiques. Je trouve juste que, lors de tels événements, il faut du sang-froid, de la méthode et de la détermination. Je vous garantis que toutes les polices collaborent. Que les officiers, les policiers agissent avec sang-froid, jaugent en permanence à quel moment il faut intervenir. Mais la méthode ou l'analyse des profils ne permettra pas de régler le problème. Je l'ai dit et le répète : il faut renforcer les moyens policiers à Bruxelles."
