Charleroi La jeune Fleurusienne sera sur la piste de Philadelphie lundi et mardi.


Même si le roller derby a gagné en popularité en Europe depuis le film Bliss de Drew Barrymore, en Belgique la pratique continue d’être plus ou moins inconnue. Pourtant, quatre Carolos ont été sélectionnés pour faire partie de la "Team Europe" au championnat du monde junior, à Philadelphie (USA), aux côtés de joueuses et joueurs français, danois et suédois.

Clara Stache, 16 ans depuis peu, fait partie du lot. Elle joue aux "Blackland Rockin’k-Roller" depuis quatre ans. La jeune fille, qui habite Fleurus avec ses parents, n’a pas pu être jointe directement : elle se trouve déjà à Philadelphie avec sa mère, Maria. Les sélections se font lundi, et la coupe à proprement parler mardi. C’est donc Fabian, le papa resté à Fleurus avec les deux petites sœurs, qui répond à nos questions.

Comment ça se joue ?

"Il y a cinq personnes par équipe sur le terrain, et 10 sur les bancs. La Team Europe est partie avec 18 joueurs et joueuses, ce sont des équipes mixtes chez les juniors, même s’il y a surtout beaucoup de filles. Le but du jeu, c’est que le jammer , une joueuse plus subtile qui arrive à se faufiler, passe les défenses adverses pour marquer des points. Tous les autres, ce n’est que du contact, tout le temps. À Copenhague, l’année passée, trois joueuses ont fini par se faire embarquer."

L’équipement doit être conséquent.

"Oui : protège-dents, casques, coudières et genouillères… sans compter les patins qui coûtent plusieurs centaines d’euros rien qu’à eux. C’est nous qui devons tout financer, y compris le voyage vers les États-Unis. Parce que c’est un sport peu connu, il n’y a pas beaucoup d’argent à la fédération. Sans compter qu’en plus, chez nous, on n’arrive quasi pas à louer de salle, parce que tout le monde a peur qu’on abîme les sols, alors que pas du tout, enfin, pas plus que des baskets en tout cas."

Clara, elle joue quoi ?

"Elle est grande, les épaules carrées. Elle joue surtout la défense, elle fait le mur, si vous préférez. Mais elle est aussi souvent pivot, c’est-à-dire qu’elle peut prendre le relais quand la jammeuse principale lui passe la main."

Et l’avenir ?

"Soyons honnêtes, ça va être difficile de battre les USA, le Canada ou l’Australie, qui sont beaucoup plus professionnels. Pour le reste, Clara devrait passer en 5e secondaire en septembre, elle voudrait quitter le collège Saint-Michel de Gosselies pour se lancer dans l’audiovisuel."

© Facq

Policier la journée, arbitre en rollers la nuit

David Quinaux est inspecteur principal à la police locale de Charleroi, dont il est aussi le porte-parole. Mais c’est également un arbitre passionné de roller derby.

"J’ai dû arrêter il y a deux ans, suite à une grave blessure au mollet. J’ai été arbitre près de 5 ans", raconte le policier. Au BlackLands de Charleroi, avant de partir à Mons, puis à Namur, et de revenir à Charleroi chez les Renegades, il a arbitré de nombreux matches et des compétitions internationales.

Ce qui lui a plu , quand il a découvert le roller derby, c’est la complexité des règles, qui demandent une gymnastique mentale continue. "Le fonctionnement des règles m’a tout de suite séduit, parce qu’il est similaire aux infractions pénales", explique-t-il. "Les fautes doivent avoir un impact sur le jeu, il faut des éléments constitutifs. S’ils ne sont pas avérés, on doit laisser jouer."

Un exemple pour mieux comprendre : "prenons le back-block. On ne peut pas pousser quelqu’un dans le dos, si cette poussée donne à un des équipiers un gain de position. Si le fait d’avoir poussé une ou un joueur a donné un avantage à ton équipe, tu vas en prison pendant 30 secondes hors du circuit. Mais si ça n’a pas été le cas, il n’y a pas de faute, et le jeu continue. C’est comme la menace verbale : c’est une infraction pénale uniquement s’il y a un ordre ou une condition qui a été dite. Si on ne retrouve pas un de ces éléments constitutifs, alors ce n’est pas une infraction, c’est juste qu’une personne s’est sentie menacée, mais le pénal n’entre pas en compte."

Il ajoute que les joueurs ont chacun droit à six fautes, et qu’à la septième, ils sont exclus. "Les règles, c’est très important. Il faut encadrer le roller ferby de près, parce que c’est un sport de contact. Ce n’est pas pour rien qu’il y a 20 arbitres, quatre au milieu en patins, trois à l’extérieur en patins aussi, et treize hors du terrain… alors qu’il n’y a que 10 joueurs en même temps pendant la partie."