Anomalies au dépouillement

Grégoire Lalieu

Témoin lors du dépouillement, Christian G. a constaté des irrégularités dans son bureau. Il ne serait pas le seul

LA LOUVIÈRE Recours Man a encore frappé ! Spécialiste de la contestation de scrutins, Christian Gelay n'a pas laissé passer l'occasion qui se présentait. Urnes non scellées, bulletins non estampillées, votes en tête de liste comptés en voix de préférences… Christian Gelay prétend ne pas manquer de matière pour s'adonner à son sport favori. "J'étais témoin lors du dépouillement dans le bureau de vote 14B", relate le contestataire.

"J'ai déjà trouvé étrange que les urnes mettent plusieurs heures pour arriver. Lors du dépouillement, j'ai constaté et fait consigner dans le P-V que la totalité des bulletins d'une des urnes n'étaient pas estampillés." Il indique aussi avoir remarqué que deux urnes sur trois n'étaient pas scellées dans le bureau 14B. "J'ai malheureusement oublié de l'indiquer dans le P-V. C'est la première fois que je suis témoin d'un dépouillement et je n'y ai pas pensé."

Avant le scrutin, le Louviérois avait déjà introduit un recours en annulation. Il accusait le FNW d'avoir déposé un document en-dehors des délais impartis dans le cadre des dépôts de liste. Mais Bernard Mairiaux, président du bureau de La Louvière, nous avait assuré qu'aucune irrégularité n'avait été commise. Nous avons tenté de contacter à nouveau Bernard Mairiaux mais sa secrétaire nous a indiqué qu'il était à l'étranger pour toute la semaine.

Le nouveau recours de Christian Gelay aura-t-il plus de poids ? Il n'est en tout cas pas le seul à se poser des questions. Jean de Pierre Badiata, tête de liste Droit et Liberté des citoyens , a lui aussi eu vent d'irrégularités. Le candidat va d'ailleurs introduire une demande d'enquête auprès du Gouvernement wallon "pour faire la lumière sur les problèmes constatés".

Un autre candidat pourrait lui aussi introduire une demande d'enquête. Mais là, les manœuvres politiciennes pourraient avoir raison de la transparence démocratique. Le parti du principal intéressé pourrait en effet être appelé pour former une coalition avec le PS.

Si c'est le cas, le candidat pour- ra jeter sa demande d'enquête aux oubliettes. Christian Gelay, lui, ira jusqu'au bout. "Je ne me fais pas d'illusion sur la réponse du Gouvernement wallon. Ça se règlera certainement au Conseil d'État."



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