Les gens du voyage toujours sans terrain à Mons !
Malgré les aides financières de la Région Wallonne, la ville n'arrive pas à conclure.
- Publié le 05-08-2016 à 08h26
Malgré les aides financières de la Région Wallonne, la ville n'arrive pas à conclure. Depuis plus de dix ans, la ville de Mons s'est officiellement engagée auprès de la Région Wallonne dans un projet pilote qui vise à aménager un terrain pour accueillir les nomades en campagne. Épaulées et subsidiée par la Région wallonne, les autorités communales tentent de trouver une parcelle qui pourrait convenir à l'accueil de cette population résidant habituellement en abris mobiles. Après des années de recherches, le dernier projet en date a capoté. En novembre 2014, la ville assurait pourtant être "proche d'aboutir" grâce à une parcelle située sur le site de la cimenterie Holcim (Obourg).
Cette dernière, qui avait tapé dans l'œil des différentes parties impliquées, était mise à disposition de la ville. Mais ce sont les aménagements routiers qui ont fait grimper la note et découragés la ville de poursuivre dans cette voie. L'arrivée massive en juillet dernier de quelque 250 caravanes sur le terrain privé Géothermia prouve qu'aucune solution durable n'est encore sortie des cartons.
Malgré les 10.000 euros annuels de subsides, l'engagement d'un médiateur et une promesse de subside pour l'acquisition ainsi que l'aménagement du terrain, la ville repart une fois de plus à zéro dans sa quête et continue de patauger pour identifier un lieu.
"Pour respecter les impositions de la Région mais aussi du SPW, une rampe de lancement pour les arrivées et les sorties de caravane aurait dû être aménagée pour la parcelle de Holcim", explique Marc Darville (PS), l'échevin de la Régie Foncière qui se retrouve à devoir trouver un terrain pour le compte de la ville. "Quand nous avons fait les comptes, le projet était estimé à 2 millions d'euros, avec des promesses de subsides inférieures à ce que nous espérions. Alors, plutôt que de trouver encore d'autres subsides, nous avons abandonné ce terrain. Et nous concentrons nos efforts pour trouver un nouveau site".
Du coup, la ville a jeté son dévolu sur un terrain qui est, cette fois, situé le long de la route de Wallonie. "Ce n'est pas le terrain du Clos des Hirondelles", précise l'échevin. "Il est un peu plus loin, à la limite de Baudour. Il appartient à l'IDEA, il n'y a pas d'habitation à proximité directe, il est situé en bordure de route. Des communautés s'y sont déjà installées pour une courte période. Il pourrait accueillir entre 50 et 60 caravanes de manière ponctuelle".
Chaque année, la régie foncière budgétise 500.000 euros pour acquérir un terrain et réaliser les aménagements. La Région wallonne pourrait encore intervenir en subsidiant à plus de 60 % le projet. Force est de constater que depuis son engagement dans le processus (soit il y a quinze ans et renouvelé jusqu'en 2019), sa volonté affichée et le soutien financier perçu, la ville cherche mais n'a toujours pas réellement trouvé.
Quid des conséquences ?
Le territoire communal montois étant le seul de l'arrondissement à avoir décroché le titre de ville pilote, les communes voisines pâtissent aussi de cette absence de terrain aménagé. En effet, il est coutumier que des communautés des gens du voyage s'installent à Saint-Ghislain, Frameries, Dour, Quiévrain mais aussi à Braine-le-Comte, La Louvière et dernièrement à Strepy-Bracquegnies. Si Mons dispose d'une personne pour gérer au mieux les arrivées des communautés de nomades, les autres communes doivent quant à elles gérer la situation avec les moyens du bord.
"Nous avons une certaine tolérance"
Un médiateur est spécifiquement chargé de la problématique.
Écrire que rien n'a été fait en la matière sur le territoire montois serait réducteur. Si Mons, comparé à d'autres villes pilotes comme Bastogne, Sambreville, Namur ou encore Ottignies, fait figure de mauvais élève, les autorités communales n'ont jamais engagé un bras de fer avec les gens du voyage de passage sur son territoire. "Nous essayons toujours d'arriver à un accord négocié lorsqu'ils s'installent sur des terrains privés de manière illégale. Comme nous n'avons pas de terrain à leur proposer, nous avons une certaine tolérance. Et nous essayons de faciliter le dialogue ", explique Marc Darville.
Grâce aux subsides de la Région wallonne attribués pour l'accueil des gens du voyage, un médiateur a pu être engagé. Et 10.000 euros de subside annuel sont dédicacés à la gestion des groupes de nomades qui s'installent dans la ville. La compétence a d'ailleurs été récemment transférée au CPAS de Mons via le Plan de Cohésion sociale (PCS).
Comme un facilitateur, le rôle du médiateur est d'accueillir les groupes lors de leur séjour sur le territoire communal. Le service assure la gestion et la coordination quotidienne du séjour temporaire des gens du voyage. Son rôle est multiple mais dont la mission première est d'assurer un climat serein de dialogue et de communication entre les autorités locales, les riverains et les groupes en séjour.
L'échevin de la régie foncière a assuré qu'il reprenait ce dossier entre ses mains et espère pouvoir aboutir avant la fin de la mandature. À suivre donc.
