Jacques Rogge, la conscience tranquille

Jacques Rogge s'en va après douze ans à la tête de l'instance olympique.

Guy Beauclerq
Jacques Rogge, la conscience tranquille
©AP

Douze ans (un mandat de huit et un autre de quatre…) après avoir été investi de la Présidence du CIO, Jacques Rogge la quitte donc, ce mardi, à Buenos Aires. En douze ans, notre compatriote, 71 ans, a stabilisé la santé de l'institution olympique, défriché de nouveaux horizons géographiques et sociétaux, dans un tout autre style que son charismatique prédécesseur, Juan Antonio Samaranch.

Ancien international de rugby, sélectionné olympique à trois reprises (1968, 1972, 1976), Jacques Rogge s'est retrouvé, dès son élection en juillet 2001, face au scandale de corruption de Salt Lake City. Propulsé à la tête d'un CIO au bord de l'explosion, le chirurgien de formation dut se montrer extraordinaire diplomate pour, à la fois, opérer un ménage interne et restaurer l'image du CIO à l'extérieur.

Ces débuts ont marqué à jamais sa présidence. Dès 2001, Jacques Rogge insista pour voir adopter des règles de transparence pour éviter que les candidates aux JO ne soient jugées à l'aune de leur générosité envers les membres votants et non sur leurs qualités propres.

Grâce à ces mesures, le nouveau président parvint à sécuriser les partenariats lucratifs conclus sous l'ère précédente. Le CIO est ainsi devenu l'une des institutions les plus riches au monde, dotée aujourd'hui de quelque 683 millions d'euros.

Parmi ces souhaits, Jacques Rogge fixa également une limite au gigantisme des Jeux en les stabilisant à 28 sports et 10.500 sportifs.

Dans le même esprit, il réaffirma sans cesse sa volonté de lutter contre le dopage par une tolérance zéro. Cette image de Monsieur Propre a imprégné son mandat, renouvelé sans opposant en 2009. C'est elle, probablement, qui lui a permis de traverser, malgré de forts remous, la crise politique internationale liée à la situation au Tibet qui a précédé les Jeux de Pékin. La crainte de mêler la politique à l'esprit olympique a empreint la présidence de Jacques Rogge.

En accordant les Jeux de 2016 à Rio de Janeiro, notre compatriote a permis aux pays émergents et à l'Amérique du Sud de trouver leur place au sein de l'histoire olympique.

Jacques Rogge laisse, enfin, en héritage la réorientation du Mouvement olympique vers la jeune génération avec la création des Jeux Olympiques de la Jeunesse (réservés aux 14-18 ans), dont la première édition s'est tenue en 2010, à Singapour.

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