Les ambitions de Tiesj Benoot: "Je ferai un choix dans deux ans"
Tiesj Benoot est bon partout : sur les pavés, dans les côtes, et même au Tour de France, qu'il a fini vingtième.
- Publié le 30-01-2018 à 06h52
- Mis à jour le 30-01-2018 à 07h30

Tiesj Benoot est bon partout : sur les pavés, dans les côtes, et même au Tour de France, qu'il a fini vingtième. Tiesj Benoot s'est directement rassuré pour son début de saison. Le Gantois avait décidé d'innover dans sa période de préparation en prenant part pour la première fois au Tour de San Juan, en Argentine. Où il s'est classé troisième d'une étape, échouant de peu pour la victoire, mais aussi cinquième de l'étape reine, ce qui lui a permis de terminer sixième du classement final.
"Je ne m'attendais pas à être si bien alors que je ne suis pas encore à mon meilleur niveau et que je n'avais pas encore été en altitude cette saison", a-t-il commenté. Voilà qui est de bon augure pour la suite de la saison, pour la 4e année chez les pros de ce supporter de La Gantoise.
S'il a décidé de modifier son approche de la saison, s'il va quelque peu adapter son programme de classiques, il va garder la même philosophie : être un touche-à-tout.
"Oui, je trouve que je suis encore jeune, je n'ai que 23 ans, et ce serait dommage de ne pas tout essayer", nous expliquait-il lors du premier stage de son équipe Lotto-Soudal, à Manacor, en Espagne. "Dans deux ans, quand j'aurai 25 ans, là, je ferai un choix : ce sera soit les pavés, soit grimper. Pour le moment, je sais que je suis bon sur tous les terrains. C'est un problème de luxe, mais je veux continuer à explorer. Prenez l'exemple de l'an passé, j'ai essayé la Flèche brabançonne, et je m'y classe troisième. J'ai essayé l'Amstel Gold Race, et, sans un problème dans la dernière montée, je suis persuadé que j'y aurais obtenu un Top 5 . Ces deux tests étaient réussis."
Il va poursuivre dans cette démarche, en prenant part pour la première fois à Liège-Bastogne-Liège. "Mais on ne peut pas tout faire", précise-t-il. "Si je veux garder ma forme jusqu'à la Doyenne, je devrai faire l'impasse sur plusieurs courses. Raison pour laquelle je ne serai pas sur Milan Sanremo, sur Gand-Wevelgem et sur Paris-Roubaix. Mais il me restera de belles opportunités sur les classiques, comme le Nieuwsblad, les Strade Bianche, l'E3, le Tour des Flandres, la Brabançonne, l'Amstel Gold Race et Liège."
Les pieds sur terre et la tête bien posée sur les épaules, Tiesj Benoot reste prudent concernant ses ambitions. "Bien sûr, comme tous les coureurs, je veux gagner, mais on parle là des plus grandes classiques", ajoute simplement Benoot. "Gagner y serait merveilleux. Y obtenir des podiums aussi."
Au tour de France pour attaquer
Tiesj Benoot veut retourner au Tour de France cette saison. Après une belle première expérience l'an passé, quand il avait rallié Paris à la vingtième place du classement final, après avoir plusieurs fois attaqué sur les étapes dures. "Ce n'est pas possible d'aller au Giro quand tu fais les classiques, car après celles-ci, tu dois te reposer, récupérer", détaille le polyvalent coureur de Lotto-Soudal. "L'an passé, j'avais fini vingtième sur les Champs-Élysées après avoir fait quelques étapes tranquillement. J'y retournerai avec la même philosophie : y attaquer pour tenter de décrocher une victoire d'étape. Concernant un classement général dans le futur, c'est encore trop tôt pour savoir ce que je pourrai faire sur une épreuve de trois semaines. Mais je me suis plusieurs fois surpris dans les ascensions, comme au Dauphiné."
L'appel de l'altitude
Il va préparer le Circuit Het Nieuwsblad dans la Sierra Nevada
S'il va ajouter Liège-Bastogne-Liège à son programme, Tiesj Benoot n'estime pas qu'il s'agit du plus grand changement de sa saison 2018. "Non, pour moi, la plus grande différence se situe dans ma préparation du début de saison , décrit-il. Avec ce Tour de San Juan en Argentine, avant un stage en altitude dans la Sierra Nevada pour préparer le Circuit Het Nieuwsblad."
Un peu comme faisait Peter Sagan. "Ce sera une première pour moi de faire un stage en altitude si tôt dans l'année, mais j'avais beaucoup aimé mon stage en altitude l'an passé, avant le Dauphiné et le Tour de France, deux épreuves sur lesquelles j'avais ensuite éprouvé d'excellentes sensations. Je veux donc essayer cette approche avant les classiques."
Toujours dans la Sierra Nevada. "Certains comparent ces stages en altitude à une prison, pas moi, j'aime ça, tu peux bien t'y entraîner, et la Sierra Nevada, ce n'est ni trop loin, ni trop chaud quand tu roules sur le plat, plus bas. Et puis quand mes proches, comme ma copine ou mon père, viennent me rendre visite, cela passe plus vite. Je n'ai donc pas l'impression de faire de grands sacrifices. Et puis il y a aussi beaucoup de cyclistes. L'an passé, j'avais roulé avec Mate et Valverde. C'est bon pour mon espagnol !"
"N'oubliez pas que je n'ai que 23 ans"
Tiesj Benoot ne veut pas brûler les étapes
Tiesj Benoot n'a que trois saisons pros dans les jambes. Mais déjà de nombreux résultats cinq étoiles, comme sa 3e place à Flèche brabançonne 2017, sa 3e place au Nieuwsblad 2016, ses 5e positions au Tour des Flandres ou au Grand Prix de Montréal 2015, quand il était néo-pro. Mais il n'a pas encore de victoire.
"Ah ! Cette absence de succès revient à chaque interview, ou presque", glisse-t-il dans un sourire. "J'y suis habitué. Mais, honnêtement, qu'est-ce qui est important ? Gagner une petite course ou continuer à progresser dans les grandes épreuves ? Moi, je préfère me concentrer sur ma progression. N'oubliez pas que je n'ai que 23 ans. Et que je ne dispute quasiment que des épreuves World Tour ou du haut niveau. Alors oui, je pourrais décider de faire l'impasse sur Tirreno-Adriatico pour essayer de gagner une épreuve d'un niveau inférieur pendant ce temps-là, ou de ne pas aller au Tour de France pour gagner une étape de la Grande Boucle… Mais ce n'est pas ce que je veux. Même si, bien évidemment, j'ai envie de gagner."
Benoot va plus loin encore dans son analyse
"Et puis, quel coureur de 23 ans a gagné une grande course ? Il y a sans doute Gaviria ou Ewan, mais ce sont des sprinters, c'est différent. Sur les classiques, je ne vois personne de mon âge… En 2017, on a beaucoup parlé de Dylan Teuns, qui a commencé à gagner. Mais demandez un peu aux supporters qui est plus vieux : Dylan ou moi ? Ils répondront sans doute que je suis plus vieux, car je suis apparu très tôt dans les médias avec ma cinquième place au Tour des Flandres, en 2015. Cela fait trois ans que je suis suivi, ce qui n'était pas le cas de Dylan avant. Les gens pensent donc que je suis plus vieux car ils ont entendu parler de moi depuis plus longtemps. Or, ce n'est pas vrai. Teuns a 25 ans. Ce qui fait deux années de plus que m oi…"
Le Poids du Tour aux Classiques
Tiejs Benoot avait perdu trois à quatre kilos pour être performant sur le Tour de France 2017. "J'étais à 71 kilos", se rappelle le Gantois. "Je veux avoir ce poids-là sur les classiques, car j'ai vu au Tour que mon explosivité était encore très bonne, sur les efforts d'une minute, avec ces kilos en moins. J'y avais les mêmes valeurs que lors des classiques. J'essaierai donc d'avoir ce même poids sur les classiques. Plus tard, si je décide de me concentrer sur des épreuves par étapes d'une semaine, comme Paris-Nice, Tirreno-Adriatico ou le Tour de Suisse, il faudra sans doute que je perde encore un peu de poids, comme l'ont fait Gerraint Thomas ou Tom Dumoulin."
