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Rencontre avec Christian Prudhomme: "Les moteurs, ce n'est plus une rumeur, ça existe"

Les classiques, les accidents tragiques, les moteurs et le conflit entre l'UCI et ASO. Tout y passe au cours de notre entretien exclusif avec le patron du Tour et des classiques wallonnes.

Interview > Eric de Falleur
Prudhomme Christian of ASO cycling director pictured during the stage 19 of the 102nd edition of the Tour de France 2015 with start in Saint-Jean-De-Maurienne and finish in La Toussuire - Les Sybelles, France (138 kms) *** LA TOUSSUIRE, FRANCE - 24/07/2015 Motordriver Pierre Velaerts - Photo by Nico Vereecken / Photo News ***
Prudhomme Christian of ASO cycling director pictured during the stage 19 of the 102nd edition of the Tour de France 2015 with start in Saint-Jean-De-Maurienne and finish in La Toussuire - Les Sybelles, France (138 kms) *** LA TOUSSUIRE, FRANCE - 24/07/2015 Motordriver Pierre Velaerts - Photo by Nico Vereecken / Photo News *** ©Photo News

Entretien exclusif avec Christian Prudhomme, le patron du Tour et des classiques wallonnes.

Entre la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège, Christian Prudhomme, le directeur du cyclisme chez ASO, nous a accordé un entretien sur l'actualité sportive et les nombreux dossiers qui concernent le cyclisme.

Le conflit entre l'UCI et ASO s'est réveillé cet hiver. Rien de bon pour le cyclisme, non ?

"Je ne veux pas jeter de l'huile sur le feu. Quand j'entends les gens parler de guerre, ce n'est pas une guerre. Surtout quand on voit tout ce qui s'est passé à Paris, à Bruxelles... En revanche, il y a un différend philosophique. Au départ, la réforme faisait passer de cent cinquante courses obligatoires à 120. Et là, on va monter à 180. Les meilleurs coureurs, ceux des formations du World Tour , vont-ils encore pouvoir courir ailleurs ? Il faut qu'ils puissent le faire, c'est capital pour l'avenir du vélo. La pyramide, les deuxième et troisième échelons, on y croit vraiment, on a cela en nous. On a repris Paris-Nice et le Dauphiné, des épreuves qui ne gagnaient pas d'argent, mais on sait qu'on ne peut pas avoir des courses partout dans le monde s'il n'y a pas une base importante. Dans l'autre sens, il faut aussi que Delko Marseille puisse courir Paris-Nice ou la Flèche Wallonne."

Vous avez retiré vos courses du World Tour, l'UCI a déjà dit qu'alors Paris-Roubaix ou les Ardennaises ne feraient plus que 200 km avec un maximum de treize équipes World Tour. Comment cela va-t-il tourner ?

"Je veux croire que le bon sens général prévaudra. Mais ce n'est pas moi qui négocie, ça va se régler plus haut. Mais, pour le moment, il y a un dossier prioritaire dans le cyclisme, c'est la fraude technologique. Je pense que nous avons suffisamment de bagarre à faire en commun pour récupérer de la crédibilité, pour lutter contre cette fraude, cette escroquerie pure et simple."

C'est si grave ?

"Après le dopage, c'est la réalité. Deux pas en avant, trois en arrière. Il a fallu tant d'années et d'efforts, et encore, tout n'est pas effacé, pour que le cyclisme redevienne une discipline qu'on peut considérer comme les autres et voilà cette nouvelle tuile qui nous tombe dessus. Les moteurs, ce n'est plus une rumeur, ça existe. Il faut se battre ensemble, pas les uns contre les autres."

Comment ?

"Il faut défendre l'immense majorité des coureurs. Il faut y aller à fond, il faut prendre des mesures radicales, les mesures les plus dures possibles. Je l'ai demandé dans une lettre au nom de l'AIOCC (NdlR : l'association des organisateurs de courses), d'autres l'avaient demandé avant moi…"

Il y a des contrôles…

"Oui, mais il faut les multiplier, les systématiser, c'est capital."

Des études présentent le cyclisme, en gros, comme un sport des années cinquante suivis par des gens âgés. Ne faut-il pas le dynamiser ?

"Dynamiser, ça passe par les parcours. Les études, c'est très bien, mais les chiffres d'audience sont en hausse. On voit ça aussi en bord de route au Tour. On reproche les étapes intégrales, la diffusion d'images des paysages, des richesses historiques et architecturales. La performance du champion cycliste est liée à son univers. La dimension paysages est capitale, c'est un atout formidable vis-à-vis des autres sports, ce n'est pas une tare. Le vélo, c'est aussi le champion qui part dans l'Izoard, dans La Redoute, sur les pavés du Nord… Avec les intégrales, vous offrez quelque chose, les gens regardent ou pas, mais les pointes des deux dernières heures sont quand même toujours très importantes, systématiquement au-dessus des autres chaînes."

On avance des solutions, des courses plus courtes…

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