De Bruyne: "Chelsea m'a dit que je progresse bien"

Interview > Yves Taildeman

Kevin De Bruyne est à l'aube de la saison de sa vie: son vrai départ à Chelsea et son 1er Mondial

BRUXELLES Kevin De Bruyne n'a jamais que 21 ans mais ses 62 minutes contre la Slovaquie ont confirmé qu'il est devenu incontournable dans le onze de base de Marc Wilmots. Et dire qu'il y a un an, alors que Georges Leekens était au commandement, il devait même prendre place en tribune...

Vous êtes en train de montrer que Leekens avait tort, Kevin.

"Ce n'était pas gai de ne pas faire partie des 18. Je n'ai pas reçu beaucoup de temps de jeu sous Leekens. Mais je ne vais pas me prononcer sur le fait qu'il ait eu tort ou raison. Il faut dire qu'en deux saisons, j'ai quand même beaucoup progressé. Je suis devenu plus régulier."

Grâce à Brême, sans doute. Mais aussi grâce à Marc Wilmots ?

"Il a joué un rôle important dans mon éclosion. Lui, il m'a vraiment lancé en équipe nationale. J'avais très peu d'expérience avec les Diables, mais il m'a mis au coup d'envoi du match crucial en Serbie. Et je suis resté titulaire."

Vous êtes devenu le patron du compartiment offensif. Mercredi, chaque attaque passait par vous.

"Je n'ai pas l'impression d'être un patron. Mais quand je me sens bien, comme mercredi dernier, je suis partout. Ma condition physique n'a jamais été aussi bonne."

C'est logique, en Bundesliga.

"Oui, j'ai perdu quelques kilos; je suis très affûté. Après un match en Allemagne, les journalistes vous glissent une feuille sous les yeux avec un tas de stats, allant de vos tirs au but à votre pourcentage de bonnes passes et vos kilomètres parcourus. Généralement, j'en fais 12 par match."

Et à Genk ?

"Aucune idée. En Belgique, on ne calcule pas cela." (rires)

Ce qui nous frappe aussi : vos coups de coin et coups francs sont excellents.

"Je les délivre tous au Werder Brême. Je les frappe avec beaucoup de puissance; c'est ce que les spécialistes du jeu de tête préfèrent. De temps en temps, j'en rate un, mais je m'en fiche."

Si vous continuez ainsi, Chelsea va vous rappeler la saison prochaine, non ?

"Aucune idée. Dernièrement, un scout de Chelsea est venu me voir à l'œuvre contre Hambourg. Il m'a parlé pendant cinq minutes après le match. Son message : 'tu progresses bien, continue ainsi'."

Êtes-vous prêt pour ce grand pas ?

"Je vais vous faire un aveu : je n'y pense pas. À Brême, je ne parle même jamais de Chelsea. Tout ce qui m'intéresse pour le moment, c'est de prendre plus de points avec le Werder (NdlR : le club n'est que 11e avec 25 points)."

Regardez-vous quand même les matches de Chelsea à la télé ?

"J'ai peu de temps. Et avec le satellite dont je dispose à la maison, je ne sais pas voir tous les matches. Je suis leurs résultats."

Hazard doit bien vous parler de son club, non ?

"Oui, mais Mertens me parle du PSV et les autres joueurs parlent de leur club. Je m'entends bien avec Eden. On a un peu les mêmes idées sur le football."

Peut-être Chelsea dès le mois de juin, plus le Mondial au Brésil : cela peut devenir une année de rêve pour vous.

"Cela fait plaisir d'entendre le public chanter 'Brésil'. Mais on n'y est pas encore. On n'est même pas à mi-chemin. Cela dit : le Brésil est un pays qui m'a toujours attiré. Je n'avais pas une idole particulière en étant enfant, mais plusieurs des joueurs brésiliens me faisaient rêver."



© La Dernière Heure 2013

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