Ramé : "C'est du 50-50"
- Publié le 13-02-2008 à 20h10

Coupe UEFA. Eliminé de la C2 par Anderlecht en 2002, le gardien emblématique des Girondins veut prendre sa revanche
Edito: la piquette doit devenir un grand cru
Vos pronostics: "Ils vont se faire défoncer", "Victoire 3-1 ce soir!"
LE HAILLAN Il y a un peu plus de cinq ans, en décembre 2002, Anderlecht éliminait Bordeaux, en s'imposant à Chaban-Delmans (0-2, buts de Jestrovic et de Hasi) puis en signant le nul au Parc Astrid (2-2, buts de Jestrovic et d'Aruna). À l'époque, Ulrich Ramé évoluait déjà dans les buts bordelais. Portier des Girondins depuis onze ans, le gardien de 35 ans espère prendre sa revanche ce soir face aux Bruxellois. Nous l'avons rencontré la semaine dernière, au Haillan, dans le somptueux centre d'entraînement des Bordelais.
Ulrich Ramé, quels sont vos souvenirs de votre dernière confrontation avec Anderlecht ?
"Je me rappelle que c'est surtout le match aller, perdu à Bordeaux, qui avait fait la différence. Il nous avait alors manqué un peu d'expérience pour éviter le piège."
Les Girondins d'aujourd'hui sont-ils plus forts que les Girondins de l'époque ?
"C'est difficile à dire, car nous n'avons plus les mêmes principes de jeu. Mais le groupe actuel a certainement plus de maturité."
Vous souvenez-vous de certains Anderlechtois ?
"Je me rappelle du Serbe qui avait joué à Metz et qui avait m'avait trompé deux fois... Jestrovic, c'est ça. Il y avait aussi Aruna, que j'ai encore souvent affronté par la suite avec Lens."
Hormis le match d'il y a cinq ans, que vous évoque le nom d'Anderlecht ?
"Quand j'étais gamin, c'était un club très prestigieux, qui atteignait régulièrement des finales européennes. Hélas ! pour eux, ils n'ont plus le même éclat qu'antan..."
Comme tout le football belge... Quel regard portez-vous, depuis la France, sur notre football ?
"C'est un championnat qui, avec le temps et la pression économique, a quitté le haut de l'affiche. Une nation comme le Portugal souffre du même problème. Et c'est peut-être ce qui attend la France !"
Le niveau de la Ligue 1 est-il si éloigné de celui des autres grands championnats européens ?
"Le problème est, à la base, économique. Du coup, le championnat français a un sérieux déficit d'image par rapport à l'Espagne ou à l'Angleterre. Mais il faut bien survivre et la Ligue 1 s'est trouvé une vocation de formatrice, de tremplin pour les jeunes talents."
Après le tirage au sort, les Anderlechtois se sont montrés plutôt satisfaits d'hériter de Bordeaux...
"Je peux les comprendre : leur réaction est certainement liée à notre passé commun. C'est aussi dû au fait que nous sommes une équipe assez peu médiatisée. Mais tout cela ne me dérange pas."
"Nous devons marquer à Anderlecht "
De toute façon, les avis ont rapidement changé en Belgique, au point de désigner Bordeaux comme le grand favori de cette double confrontation. C'est aussi votre avis ?
"Pas du tout. Hormis les six grands noms qui devraient encore être en Ligue des Champions, aucune équipe ne peut vraiment se targuer d'être au-dessus du lot. En deux matches, tout est possible et je pense qu'entre nous et Anderlecht, c'est vraiment du 50-50. On va dans tous les cas jouer pour marquer dans ce premier match. Car la qualification passera par un bon résultat à l'extérieur... Comme Anderlecht nous l'avait montré il y a cinq ans !"
© La Dernière Heure 2008
"Trop irréguliers pour embêter Lyon"
Ulrich, quelles sont les ambitions de Bordeaux dans cette Coupe de l'Uefa ?
"Nous n'avons pas fixé d'objectif précis, mais c'est une compétition dans laquelle on a vraiment à coeur de se montrer. Nous avons un entraîneur qui profite du fait que nous jouons sur plusieurs tableaux pour impliquer un maximum de joueurs. Dès lors, tout le monde se sent concerné et l'envie est énorme."
En championnat, vous n'êtes qu'à quatre unités de Lyon. Espérez-vous taquiner les Gones dans la course au titre ?
"On a montré trop d'irrégularité lors des six premiers mois pour espérer prétendre au titre. Depuis janvier, nous sommes enfin constants et les gens affirment que Lyon a désormais un outsider sérieux. Ce n'est pas notre avis, du moins pas encore : confortons d'abord notre seconde place. Nous verrons ensuite, en avril, si nous sommes encore au contact de Lyon. L'essentiel demeure de concrétiser notre principale ambition : figurer dans les deux premiers pour se qualifier directement pour la Ligue des Champions."
"Avec Blanc, c'est l'offensive"
Ulrich Ramé appartient aux meubles girondins : il est le mieux placé pour juger l'évolution de son club lors de la dernière décennie. "Depuis huit ans, le club s'est structuré, avec de nouveaux dirigeants et de nouvelles installations. Mais l'argent ne suffit pas : la formation a suivi et beaucoup de jeunes ont percé. Aujourd'hui, ils ont acquis beaucoup de maturité. Ajoutez à cela des transferts réussis et un staff avec un vrai projet : voilà les clés de nos résultats actuels."
Mais la réussite des Girondins est également celle de Laurent Blanc, qui a transmis sa philosophie de jeu très offensive à son équipe. "Blanc a une aura importante qui fait qu'on l'écoute plus facilement. Mais c'est aussi et surtout quelqu'un qui a très vite compris comment gérer un groupe. Il prône un jeu très offensif et cela plaît à tout le monde."
© La Dernière Heure 2008
