Les racines des frères Kubik

Grégory Delreux
Les racines des frères Kubik
©Gr.D.

Chez Arkadiusz et Lukasz le virus du football se transmet de père en fils
MOUSCRON Arkadiusz-l'Anversois et Lukasz-le-Mouscronnois ont attrapé le virus du football dès leur plus jeune âge. Il faut dire que dans la famille, le football tient une place toute particulière comme l'explique l'aîné des frangins.

"Lorsque nous étions enfants, en Pologne, la fenêtre de notre chambre donnait sur un terrain de foot et notre père évoluait dans une formation de l'élite polonaise. C'est lui qui nous a transmis le virus. Dès que nous avions quelques minutes de libre, nous prenions le chemin du terrain pour taquiner le ballon."

À cette époque, le jeune Lukasz, le cadet d'Arkadiusz, suivait les exploits de son frère et rêvait déjà de le rejoindre un jour sur le terrain.

"J'ai six années de moins qu'Arkadiusz, débute Lukasz. Lorsque j'étais enfant, Arkadiusz était mon idole. Pour moi, c'était le plus grand joueur du pays. J'étais présent à chacune de ses rencontres et je n'avais qu'une seule idée en tête, suivre le même parcours que lui. Quand j'ai commencé à jouer, j'étais toujours en quête d'un conseil de sa part. Finalement, j'ai rejoint l'équipe première de Cracovie mais Arkadiusz avait quitté le club pour l'équipe de Gornik et nous n'avons jamais eu l'occasion de jouer ensemble."

Les deux Polonais allaient finalement se retrouver sous le même maillot quelques années plus tard à Harelbeke sous la houlette d'un certain Henk Houwaart, une période qu'ils qualifient tous les deux de mémorable.

"Nous avons joué ensemble pendant deux ans et demi à Harelbeke, déclare Arkadiusz. J'avais proposé les services de Lukasz à notre entraîneur et après l'avoir visionné, il l'a transféré. J'étais très heureux de jouer avec mon jeune frère."

Pour Lukasz, ce transfert fut certainement l'un des meilleurs moments de sa carrière de footballeur professionnel.

"En arrivant à Harelbeke, je réalisais deux de mes plus grands rêves. Premièrement, j'avais enfin l'occasion de jouer aux côtés de mon grand frère et deuxièmement, j'allais enfin connaître l'aventure de la première division. À l'époque, le coach n'était autre qu'Henk Houwaart, l'actuel entraîneur de l'Antwerp. Vous comprenez mieux pourquoi le match de ce week-end aura un goût tout particulier pour nous trois. Henk est certainement l'homme qui m'a le plus appris dans le milieu du football. C'est un homme pour qui j'ai le plus grand respect et j'espère bien avoir la possibilité de lui prouver que son enseignement a porté ses fruits si je reçois ma chance dimanche."

Une promesse de frère

Même si les deux frangins ne jouissent pas d'un poste de titulaire dans leur équipe respective, ils espèrent avoir l'occasion d'apporter leur soutien à leurs coéquipiers.

"Je connais bien Henk et sa façon d'aborder les rencontres. Je crois que cela pourrait être un plus pour l'Excelsior. Si nous ne sommes pas opposés sur le terrain ce week-end, je crois que nous n'aurons plus jamais l'occasion de jouer l'un contre l'autre..."

Par contre, nos deux footballeurs ont déjà prévu de se retrouver un jour ou l'autre pour défendre les mêmes couleurs.

"Lorsque nous avons quitté la Pologne, nous nous sommes promis qu'au terme de notre carrière, nous reviendrions défendre les couleurs d'une équipe polonaise. J'espère que cette opportunité se présentera à nous lorsque nous serons devenus de vieux footballeurs à la retraite...", ironise Lukasz.

En attendant, les frères Kubik seront opposés par équipes interposées mais cela ne pourra en rien défaire les liens qui les unissent.

"Pendant nonante minutes, nous essaierons de mettre nos liens fraternels de côté et nous serons derrière notre équipe. Mais au coup de sifflet final tout sera oublié. Quelle que soit l'issue de ce match important pour nos deux formations, j'irai saluer mon frère et Henk Houwaart."

© Les Sports 2003


Pierre et Raymond Braine: 100 capes à 2!
Les frères dans notre foot sont légion...
BRUXELLES La liste n'est sûrement pas exhaustive. Mais elle apparaît déjà parlante: les frères ont été légion dans notre football de l'élite!

Le duo le plus célèbre - le plus ancien aussi - rassemble les Anversois du Beerschot Pierre et Raymond Braine, premier professionnel de notre histoire - au Sparta Prague. Aucune autre fratrie ne totalise, comme eux,... cent capes de Diables Rouges. Pierre a joué de 1922 à 1930, Raymond de 1925 à 1939. Ils ont, tous deux, porté le brassard de capitaine et ont inscrit trente buts en équipe nationale. Les plus anciens se souviennent sûrement des cinq frères Hellemans de Belgica Edegem. Augustus fut Diable Rouge. Marian Backalarczyk et son frère Stanislas ont joué ensemble à Charleroi au début des années cinquante avant de s'orienter différemment: Marian est parti au Standard, Stanislas à Tilleur.

Feu le FC Tilleur a souvent applaudi les prouesses des frères Pezetti, Vladi et Lucien.

Berchem Sport s'est longtemps trouvé fort aise des exploits de Stan et Albert De Hert peu après la seconde guerre mondiale. Henri et Albert De Decken ont joué à l'Antwerp, Jean et Roger Petit au Standard, de même que René et Joseph Ledent ainsi que les trois Nicolay, les gardiens Toussaint et Jean et l'attaquant Adophe. Le FC Liégeois a pu s'appuyer sur le duo des Anoul, Jean et Pol. Les frères Lambert ont mené des carrières parallèles Raoul comme avant-centre du Club Bruges, Eric à La Gantoise.

Anderlecht s'est félicité de pouvoir compter sur les frères Valet, Jean et Léon, sur les frères François et Gaston Dewael après avoir révélé Maurice et André Versé. L'Union Saint-Gilloise a aligné Jef et Henri Dierickx mais aussi Jean-Pierre et Augustin Janssens.

La riche histoire de notre football a retenu, aussi, les Gantois Freddy et Etienne Chaves d'Aguilar, Gus, Joseph, Albert et Frans Van Steylandt, de Saint-Nicolas, Stanley et Albert Van Den Eynde, du Beerschot. Epinglons, pour les anciens encore, Albert et Paul Prevost, de Charleroi, Mathieu et André Bollen à Waterschei Thor, les Louvièrois André et Patrick Gorez, les Beverenois Jean-Marie, Danny et Antoon Pfaff, les terribles Alostois Antoine et Jan Van Poelvoorde, les Molenbeekois Willy et François Tuyaerts, les Berchemois Léon et Marcel Aernoudts, les défenseurs de Beringen Armand et Alphonse Peeters, les frères, tous deux internationaux ensemble, Gerard et Albert Sulon du FC Liégeois, Marc et Dirk Vanderlinden de l'Antwerp, Maurice et Auguste Baeten du Lierse, Serge, Daniel et Donatien Kimoni élevés à Seraing, Gerard et Ivo Plessers à Overpelt et Waterschei, Roland et Pier, Janssen à Waterschei, Bruno et Patrick Versavel, à Diest et au FC Malinois, Dimitri et Didier M'Buyu à Lokeren, Olivier et Eric Suray à Charleroi, Mussa et Brima Kanu à Lokeren.

A l'époque moderne bien sûr, on a pu ou on peut applaudir Mbo et Emile Mpenza, qui ont germé à Mouscron, Luc et Marc Millecamps, les internationaux de Waregem, Marcin et Michal Zewlakow à Mouscron, Dante et Toni Brogno, à Charleroi, Steve et Mike Laeremans au RWDM.


Michel Dubois

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