Jordan Lukaku parle de son ami Malanda: "C'est dur mais il faut apprendre à vivre avec"

Sans langue de bois, Jordan Lukaku s'est confié sur la perte de son ami Malanda, sur le monde du football, les préjugés et son début de saison.

M. J. (avec Hnb)
TUBEKE, BELGIUM - AUGUST 12: Coach Johan Walem talking to Bruno Godeau, Yannick Ferrera, Bernard Malanda, Jordan Lukaku, Marnick Vermijl and Dino Arslanagic during a training session, ahead of the friendly match between Belgium and Israel at the national training grounds on August 12, 2013 in Tubeke, Belgium (Photo by Nico Vereecken / Photonews
TUBEKE, BELGIUM - AUGUST 12: Coach Johan Walem talking to Bruno Godeau, Yannick Ferrera, Bernard Malanda, Jordan Lukaku, Marnick Vermijl and Dino Arslanagic during a training session, ahead of the friendly match between Belgium and Israel at the national training grounds on August 12, 2013 in Tubeke, Belgium (Photo by Nico Vereecken / Photonews ©Photo News

Sans langue de bois, Jordan Lukaku s'est confié sur la perte de son ami Malanda, sur le monde du football, les préjugés et son début de saison "Dans le monde actuel, les footballeurs doivent parler le moins possible." Le ton est donné. Jordan Lukaku, lui, ne manie pas la langue de bois. Il aime parler, donner son avis, participer au débat… Même si cela rime parfois avec la remontée à la surface de souvenirs douloureux, comme la mort tragique de son ami Junior Malanda, il y a tout juste un an.

"Parfois, je regarde un film et les larmes me montent aux yeux, sans raison. Vous savez, avant, je n'avais peur de rien. Maintenant, rien ne me fait plus peur que de perdre un proche. C'est un signe qui montre que je ne suis pas encore tout à fait remis. Quand je vois sa maman ou ses frères, j'essaie d'être positif mais ça reste difficile à accepter. Vous ne pouvez jamais vous en remettre, et il faut apprendre à vivre avec."

Depuis cet événement qui l'a marqué, Jordan Lukaku a renforcé les liens avec ses vrais amis.

"J'ai un cercle d'amis fidèles, je peux les compter sur les doigts d'une main et je n'ai pas besoin d'élargir ce cercle", explique-t-il. "Je suis quelqu'un de réservé. Parfois, les gens ne le comprennent pas et voient ça comme de l'arrogance."

Cette carapace, elle est aussi la conséquence de ce qu'a vécu son frère Romelu. "J'ai vu comment les gens se sont intéressés à lui quand il faisait des bonnes performances. Mais s'ils voulaient le connaître, ce n'était pas pour sa personne."

Le monde du football, le cadet des frères Lukaku s'en méfie énormément. "Dani Alves a dit qu'il détestait le monde du foot, et il a raison. C'est un sport que j'adore mais ce que j'aime, c'est le jeu. Ce qu'il y a autour est détestable. Les footballeurs sont considérés comme des gens paresseux, riches, stupides, qui ne savent que taper dans un ballon. Je trouve drôle que chacun puisse faire son opinion sur les footballeurs mais que nous, joueurs, devons-nous taire et garder notre avis pour nous. Imaginez que ça se passe comme ça dans une entreprise, que j'aille dire à tout le monde ce qu'il doit faire. Ça serait stupide."

La rancœur que Lukaku a en lui vient de son passé. Quand il était au Sporting d'Anderlecht, on lui a souvent reproché d'avoir une mauvaise mentalité. "On m'a catalogué comme un garçon qui n'était pas assez professionnel. Mais je n'ai pas changé, à une exception près : maintenant, je n'arrive plus en retard", précise-t-il. "En tant que footballeur, on entend souvent dire que nous devons être des modèles. Mais pourquoi le devrait-on ? Si on fait correctement notre boulot, pourquoi se focaliser là-dessus . Soyez sûrs d'une chose : quand j'aurai 45 ans, et que je verrai un joueur de 20 ans, je ne chercherai pas à savoir si c'est un exemple ou non, mais juste s'il joue bien ou pas."

Lui, pour l'instant, joue bien. Avec six passes décisives et un but depuis le début de la saison, Jordan Lukaku réalise la meilleure première partie de saison de sa carrière. "Je remarque que les adversaires ont plus de respect pour moi. Je joue depuis assez longtemps pour savoir quoi faire dans un match. Avec Vanderhaeghe, nous avons une équipe offensive, et je peux souvent me projeter vers l'avant. Mes entraîneurs m'ont toujours dit que je savais ce que je devais faire et que je savais ce que je voulais. Qu'est-ce que c'est ? Garder la forme, varier mon jeu et être sélectionné pour l'Euro. C'est un objectif réaliste."

M. J. (avec Hnb)

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