Les sept merveilles du Lion Wayne Rooney (INFOGRAPHIE ET VIDEOS)
Buteur face à la Suisse, le numéro dix de la sélection anglaise est devenu le seul et unique meilleur buteur de l'Histoire de sa nation, en devançant Sir Bobby Charlton. Et parmi ces cinquante pions inscrits, il y a quelques chefs-d'œuvre.
- Publié le 09-09-2015 à 18h57
- Mis à jour le 09-09-2015 à 20h44

Buteur face à la Suisse, le numéro dix de la sélection anglaise est devenu le seul et unique meilleur buteur de l'Histoire de sa nation. Cent et sept sélections qu'il attendait ça. Il aura fallu plus de cent caps et de douze ans à Wayne Rooney pour réaliser un de ses rêves. A défaut de briller dans les grands tournois internationaux, l'attaquant a au moins réussi un énorme coup: devenir le meilleur buteur de l'Histoire des Three Lions. Entre ce premier coup de boutoir donné un soir de septembre 2003 et l'ultime but mis contre la Nati, il y aura donc eu quarante-huit autres goals, dont de purs chefs-d'œuvre. Florilège.

06.09.2003 | Macédoine - Angleterre
Septembre 2003. L'Angleterre s'entiche d'un gamin de dix-sept ans. Pourtant, le jeune Wayne Rooney est très loin de ressembler à un David Beckham au faîte de sa gloire. Trapu, court sur pattes, l'attaquant d'Everton suscite même carrément les rires à cause de son visage à la Shrek et son gros cou. Et pourtant, ce gamin du nord de l'Angleterre est le futur patron des Three Lions. En qualifications pour l'Euro 2004, il place les fondations de son règne à la pointe de l'attaque anglaise. Un long coup de la botte droite de Becks (what else ?), une remise de la tête d'Emile Heskey et reprise en un temps du Toffee. Le voila sacré plus jeune buteur de l'équipe nationale (record entre temps battu par Theo Walcott). Oh, certes, ce n'est pas son plus beau but, loin de là. Mais voila, c'est le premier. D'une longue série.

16.11.2003 | Angleterre - Danemark
Quelques mois plus tard, Rooney enfile le maillot blanc et rouge pour la neuvième fois de sa carrière. Cette fois, c'est lors d'un amical face au Danemark qu'il marque un but "à la Rooney". Une récupération de balle très basse, une course dingue en ligne droite, une erreur d'un défenseur adverse suite au pressing d'Heskey et une frappe surpuissante sous la barre de Thomas Sörensen. Tout y est: vitesse d'exécution, rapidité, opportunisme et précision. Si au final, c'est une défaite pour les Anglais, c'est également la confirmation du talent de buteur du joueur, tout juste devenu majeur, mais déjà considéré comme un des patrons de l'équipe. Et le public d'Old Trafford se ravit des prouesses d'un avant dont il ne se doute pas qu'il les rejoindra d'ici quelques mois à peine...

05.06.2004 | Angleterre - Islande
Nouvel amical. Contre un nouveau pays nordique. Cette fois, c'est l'Islande qui se dresse contre les fiers Lions. Mais à cette époque, on est bien loin des exploits de 2015, et l'Islande fait toujours partie de ces pays où il est bon de soigner ses statistiques. Wayne Rooney l'a bien compris, la preuve avec le doublé qu'il signe ce soir-là au City of Manchester Stadium. Alors que son pays mène déjà 2-0 et que l'amende s'annonce salée pour les Nordiques, l'Anglais profite d'une belle remise en retrait de Paul Scholes pour armer une frappe supersonique de l'extérieur du pied droit qui ne laisse aucune chance au pauvre Arni Gautur Arason. "Breathtaking", s'extasie le commentateur. A couper le souffle, en effet.

21.06.2004 | Angleterre - Croatie
A l'Euro 2004, l'Angleterre possède une équipe digne d'un candidat au titre: Sol Campbell et John Terry montent la garde devant l'improbable David James, Steven Gerrard et Frank Lampard distribuent et dictent le tempo, tandis que Paul Scholes et David Beckham occupent les flancs. Et devant, Wayne Rooney fait équipe avec Michael Owen. Un squad qui n'ira cependant pas plus loin que les quarts de finale, la faute à un Ricardo qui marche sur l'eau lors de la séance de tirs au buts. Pas de chance pour Wayne, qui avait jusque là enchanté la compétition grâce à deux doublés, dont un planté face à Tomislav Butina, l'ancien gardien du Club de Bruges. Mais on ne peut pas vraiment en vouloir au portier croate, tant la frappe de son adversaire sur un bel assist de Scholes (encore lui) sur le premier but est limpide.

17.10.2007 | Russie - Angleterre
Après une Coupe du monde allemande marquée par un zéro pointé niveau but et une exclusion, Rooney perd un peu de sa superbe. Malgré son indéniable talent, la génération dorée anglaise vieillit et ses chances de faire un gros coup en tournoi s'amenuisent. Wayne, lui, continue d'alimenter le marquoir, comme lors de cette rencontre comptant pour les éliminatoires de l'Euro 2008 face à la Russie. De cette défaite dans le froid de Moscou, on retiendra la fulgurance du kid de Liverpool: un enchaînement parfait contrôle de la poitrine - reprise instantanée qui transperce Vladimir Gabulov. Quelques mois plus tard, la Russie illuminera le Vieux continent de son football chatoyant. L'Angleterre et Rooney, eux, les regarderont depuis leur poste de télé.

06.06.2009 | Kazakhstan - Angleterre
Passée la déception et l'humiliation d'un Euro "english-free", il est temps pour les Three Lions de mettre les bouchées doubles pour se qualifier pour le Mondial sud-africain. Les Anglais enquillent les victoires avec notamment ce succès acquis facilement contre le Kazakhstan. Un match dominé de bout en bout par une équipe emmenée par un Rooney positionné en meneur de jeu. Vingt minutes avant la fin du match, Glen Johnson fonce sur son flanc droit, centre vers Heskey. Mais le grand Emile se loupe, et Wayne est là pour concrétiser... en deux temps. Aleksandr Mokin détourne une première reprise loupée, mais peu importe pour son adversaire, qui s'emmêle un peu les pinceaux avant de finalement trouver la faille... d'un retourné acrobatique à bout portant. Normal.

02.06.2013 | Brésil - Angleterre
Juin 2013, les Anglais se font plaisir et filent chez les Brésiliens qui préparent déjà activement "leur" Mondial. Sur le mythique gazon du Maracana, Rooney passe la trente-sixième de façon stratosphérique. A vingt-cinq mètres du but défendu par Julio César, le buteur britton profite d'un joli block d'Alexandre Oxlade-Chamberlain sur David Luiz pour allumer la lunette brésilienne. Un coup de canon - dévié - qui met le feu aux 66 000 spectateurs présents à Rio de Janeiro. Quitte à ne pas être décisif à l'Euro ou au Mondial, autant régaler en amical. C'est chose faite face à des Auriverde que l'on retrouvera bien plus moribonds treize mois plus tard, lors de leur déroute historique face à l'Allemagne à Mineiro.

Aurélie Herman
