Tennis

À 83 ans, Philippe Washer préfère désormais le golf au tennis

LE ZOUTE Il porte ses 83 ans comme un jeune homme. "J'ai arrêté le tennis depuis longtemps mais je pratique toujours le golf pour entretenir ma forme", s'exclame-t-il.

Désormais installé à Genève, où il gère son patrimoine mobilier et immobilier, Philippe Washer passe traditionnellement l'été dans sa villa de la Boslaan, au Zoute. "C'est un petit coin de paradis. Je m'y sens bien. Je n'ai plus l'âge pour me déplacer à gauche ou à droite. Alors, je refuse la plupart des invitations en ville. Les gens qui souhaitent me voir n'ont qu'à se déplacer. Je les recevrai avec plaisir..."

À l'instar de son ancien partenaire Jacky Brichant, il suit toujours l'actualité du tennis et ne cache pas un petit faible pour Justine Henin. "C'est la meilleure ! Ceci dit, je n'ai toujours pas compris sa récente défaite à Wimbledon face à Marion Bartoli. Au lieu d'aller de l'avant et d'imposer son jeu, elle est subitement devenue passive. C'est incompréhensible..."

Chez les hommes, il voue bien sûr une grande admiration à Roger Federer mais il apprécie aussi le tempérament et les qualités de battant de Rafael Nadal. "C'est le seul qui lui résiste vraiment et il s'améliore dans tous les secteurs du jeu !"

Lui aussi évite sagement de comparer les générations. "Personne ne saura jamais qui de Rod Laver, de Pete Sampras ou de Roger Federer est réellement le plus fort. Tout change très vite dans le monde du tennis, à commencer par le matériel. J'ai, un jour, essayé, par curiosité, les raquettes à grands tamis. C'était un autre sport !"

Pas nostalgique pour un sou, il est très fier de son glorieux passé de champion de tennis. "À mon époque, on ne gagnait pas un franc sur un court mais on s'amusait bien. Mon seul regret est que la Deuxième Guerre mondiale soit arrivée alors que je me lançais vraiment dans la carrière. J'aurais pu gagner quelques tournois supplémentaires mais je suis très fier d'avoir été engagé volontaire pour défendre mon pays..."

Aux amorties et aux volées, il préfère désormais les swings et les putts. "J'ai toujours pratiqué le tennis et le golf de concert. J'ai d'ailleurs été plusieurs fois champion de Belgique dans les deux disciplines. Aujourd'hui, je dois me contenter d'un modeste Handicap 18 mais le golf me permet de m'aérer et de faire de l'exercice. Je suis membre au Royal Zoute et au Golf Club de Genève, à Cologny..."

Longtemps président du Royal Léopold Club, il est resté un actionnaire très influent du club ucclois, dont il possède 1.500 parts. À l'heure où celui-ci envisage une métamorphose, il affiche clairement son camp. "Il faut vivre avec son temps. J'ai 83 ans mais je regarde toujours devant moi. Le Léo doit évoluer, comme les autres grands clubs centenaires. Il ne doit pas perdre son âme. Mais il doit se moderniser et proposer des services du XXIe siècle : des courts de tennis et des terrains de hockey, bien sûr, mais aussi une piscine, des salles de fitness, une zone récréative pour les enfants, un club house pour les visiteurs. Pour cela, il lui faut trouver des partenaires qui ont de l'expérience dans le secteur. Hélas! lors de la dernière assemblée générale, il a été décidé de... ne rien décider ! Comme souvent en Belgique. C'est dommage car à défaut de bouger, le Léo restera un petit club. En 1948, ma famille fut parmi les plus actives à l'heure de le sauver de la faillite. C'est dire si je regrette le statu quo actuel. J'espère vraiment que les choses vont évoluer..."

En vérité, même en Suisse, Philippe Washer est resté très belge de coeur. Et il regrette les éternelles querelles linguistiques et communautaires qui défrayent sans cesse les chroniques politiques. "D'ailleurs, sur la vitre arrière de ma voiture, j'ai placé un autocollant Belge et fier de l'être"... sourit-il.



© La Dernière Heure 2007