Bart De Wever prolongé comme préformateur?
La mission d'information entre dans une phase décisive.
- Publié le 16-06-2014 à 18h29
- Mis à jour le 17-06-2014 à 07h38

La mission d'information entre dans une phase décisive. La partie de poker s'intensifie. La N-VA a la main mais ne marque pas encore de points. Le CD&V avance tête baissée, quitte à gaspiller ses atouts. Le MR se contente de suivre. Enfin, le CDH, plus que jamais, ne laisse rien transparaître de son jeu.
La mission d'information de Bart De Wever, le président des nationalistes flamands, entre dans une phase décisive. Il doit remettre aujourd'hui ses "conclusions" au Roi (dixit le communiqué du Palais du 10 juin). Il n'est sans doute pas encore question pour les protagonistes de cette partie à haute tension d'abattre leurs meilleures cartes. Mais ils vont devoir dévoiler un coin de leur main. Comprenez : dire s'ils sont prêts à s'aventurer un pas plus loin dans une coalition de centre-droit (N-VA, CD&V, MR et CDH), seul scénario gouvernemental actuellement testé.
À cet égard, il existe quatre options, la deuxième et la troisième émergeant.
1) Une troisième prolongation de la mission d'information. Après trois semaines de travail, cela signifierait que Bart De Wever n'abandonne pas la piste du gouvernement de centre-droit, mais qu'elle commence à avoir du plomb dans l'aile. L'enlisement pointe d'ailleurs son nez… Le CD&V tente toujours de convaincre le CDH de monter à bord. Sans réel succès pour le moment. Il nous revient, par exemple, que le vice-Premier CD&V, Pieter De Crem, devait rencontrer jeudi dernier à Bastogne le président des humanistes, Benoît Lutgen. Rendez-vous annulé le matin même par le local de l'étape. Depuis, les contacts sont (quasi) inexistants entre les deux partis. Dans un autre registre, la prolongation de la mission pourrait aider le MR et le CDH à retrouver un peu de confiance l'un en l'autre. Sacré défi !
2) Bart De Wever devient préformateur. Ou une autre mission du même genre. Le CDH demande depuis quelques jours des notes, avec des engagements concrets, de la part du président de la N-VA. Ce dernier s'y refuse, de peur qu'elles ne fuitent illico dans la presse, voire au boulevard de l'Empereur (siège du PS, avec qui le CDH s'est engagé dans les Régions)… Une mission de préformation aurait deux avantages. D'une part, limiter très officiellement le cercle des discussions à quatre formations : N-VA, CD&V, MR et CDH. Et, d'autre part, parler de contenu comme le souhaite le CDH, mais sans s'engager formellement dans une phase de formation de gouvernement. Ce qui laisserait le jeu (un peu) ouvert à d'autres formations (Open VLD et PS surtout, voire le SP.A). En termes de contenu justement, il semble que, sur le plan institutionnel, Bart De Wever ait laissé ses ambitions confédérales au vestiaire et accepte de se concentrer sur la seule mise en œuvre de la sixième réforme de l'État durant la législature. Le nœud du problème est donc surtout socio-économique.
3) Une mission royale pour le CD&V. Probablement à son président Wouter Beke. Les sociaux-chrétiens flamands veulent, comme la N-VA, un gouvernement de centre-droit, qui exclut le PS. Leur mission : convaincre le CDH d'embarquer. Ou, à défaut, accepter l'Open VLD dans la coalition, ce qu'ils refusent pour le moment. Ceci dit, même dans ce cas (le CDH dehors, l'Open VLD dedans), il faudrait encore que le MR accepte d'être le seul parti francophone de la majorité…
4) Un nouvel informateur. Bart De Wever jette l'éponge. Il dit au Roi qu'il n'est pas en mesure de rassembler des partis pour former un gouvernement et cède le flambeau. Perspective de crise… Improbable, toutefois, dans l'immédiat, "seulement" trois semaines après les élections.Antoine Clevers