Intempéries: "Les tornades sont imprévisibles"
Même si l'Institut Royal Météorologique (IRM) était en vigilance jaune vendredi soir et orange dimanche, la formation des tornades, leur timing et leur localisation sont imprévisibles, explique David Dehenauw, météorologue à l'IRM.
- Publié le 11-08-2014 à 18h11
- Mis à jour le 11-08-2014 à 18h19

Les tornades qui se sont produites ce week-end en Belgique n'auraient pas pu être prévues. En effet, même si l'Institut Royal Météorologique (IRM) était en vigilance jaune vendredi soir et orange dimanche, la formation des tornades, leur timing et leur localisation sont imprévisibles, explique à l'agence Belga David Dehenauw, météorologue à l'IRM. La formation des tornades, aussi appelées trombes, nécessite deux conditions atmosphériques: il faut à la fois une instabilité et un cisaillement du vent. Concrètement, le vent augmente en altitude où il forme des rouleaux d'air autour d'un axe horizontal. Poussés par les courants ascendants, ces rouleaux d'air en rotation prennent ensuite une direction verticale et "lorsqu'ils touchent le sol, il s'agit d'une tornade", explique David Dehenauw.
Bien que les radars se soient considérablement améliorés, ils permettent seulement de soupçonner une trombe mais pas de la prévoir avec certitude. "Il faut quelqu'un sur place pour témoigner de la formation", confirme le météorologue.
Même si l'on peut penser assister à une recrudescence de ces phénomènes en Belgique, il n'en est rien. "Il y a plus de rapports de tornades parce qu'aujourd'hui, tout le monde peut prendre des images", ce qui était loin d'être le cas avant l'apparition des appareils photos numériques ou des smartphones notamment. Depuis plusieurs années, l'IRM comptabilise de 1 à 11 tornades annuelles sur notre territoire. L'Institut considère néanmoins ces chiffres comme sous-estimés puisqu'il faut impérativement que la formation soit aperçue pour pouvoir être confirmée.
Les conditions pour l'apparition d'averses de grêles sont à peu près semblables à celles nécessaires à la formation des tornades. Néanmoins, le risque de grêle était moins prégnant ce week-end, les températures n'étant pas très élevées. La grêle se forme en effet lors d'orages violents accompagnés de courants ascendants humides, mais surtout chauds. Plus les courants ascendants sont forts et chauds, plus les grêlons risquent d'être gros. En effet, les particules de condensation des cumulonimbus sont emportées par le courant à plusieurs kilomètres du sol où elles rencontrent des particules gelées. Ces dernières gagnent alors du poids en absorbant les vapeurs d'eau qui se transforment en glace. Une fois trop lourdes pour le courant, elles retombent sur terre sous forme de grêlons.
Bien que les statistiques de l'IRM ne permettent pas d'établir un lien entre le réchauffement climatique et la fréquence des événements orageux, l'institut météorologique anglais, le UK Met Office, dit constater une augmentation des fortes averses, et donc des inondations, ces dernières années et pense que celles-ci seraient dues au réchauffement des eaux de mer. Un phénomène semblable est également observé à la Côte belge, confirme David Dehenauw.
