Les magasins ouverts tard en soirée ? "Une offensive libérale inacceptable sur les conditions de travail"
L'administrateur délégué de Comeos, Dominique Michel, pointe lui du doigt la concurrence des magasins en ligne.
- Publié le 09-02-2015 à 16h47
- Mis à jour le 09-02-2015 à 17h50
C'était une proposition de l'Open Vld.
Le syndicat socialiste des employés SETCa estime que la proposition de l'Open Vld de prolonger les heures d'ouverture des magasins est une "offensive libérale inacceptable sur les conditions de travail des employés du commerce". "En proposant une ouverture de 5 à 22h tous les jours et en laissant la porte ouverte aux dérogations arbitraires par les règlements communaux pour élargir les plages horaires après 22h et avant 5h, M. Van Quickenborne ne ferait que déréguler le secteur et ajouter une couche de flexibilité au détriment des travailleurs", indique le syndicat. "Les changements de comportement d'achat, les horaires des travailleurs des autres secteurs ou l'e-commerce sont entre autres mis en avant pour étayer cette proposition: ce ne sont pour nous que des alibis".
Le SETCa explique que dans certains pays, où les heures d'ouverture ont été élargies, la fréquentation des magasins n'a pas pour autant augmenté. Le syndicat dénonce encore une "flexibilité à outrance" imposée par ce système.
"Outre le fond du problème, il y a également la forme. Cette proposition intervient sans que les interlocuteurs sociaux n'aient été consultés d'une quelconque manière. Le SETCa condamne ce nouvel exemple d'immixtion du politique dans le modèle belge de concertation sociale! ", ajoute encore le syndicat socialiste.
"Le secteur a d'autres priorités"
Comeos, la fédération qui représente notamment les grandes chaînes de magasins, n'est pas très convaincue par la proposition de l'Open Vld de rallonger les heures d'ouverture des magasins. "Le secteur a d'autres priorités", a indiqué lundi l'administrateur délégué de Comeos, Dominique Michel, qui pointe du doigt la concurrence des magasins en ligne. M. Michel n'est pas favorable à des heures d'ouverture élargies mais plutôt partisan d'heures disponibles pour, par exemple, préparer des commandes, livrer un magasin etc...
"Nous avons un énorme problème de temps de travail dans le secteur si nous voulons concurrencer l'e-commerce", dit-il. Selon lui, les commerçants devraient avoir plus de temps pour traiter des commandes. "On ne peut pas le faire en Belgique, mais c'est le cas aux Pays-Bas", explique-t-il. Ceci explique que de plus en plus de grandes chaînes "et pas des moindres" étudient le moyen discret mais concret de délocaliser leur logistique aux Pays-Bas. "Ce ne serait pas uniquement des pertes d'emplois mais aussi une perte d'impôts pour l'Etat.
Par ailleurs, selon le patron de Comeos, la création d'un site internet est 20% moins chère aux Pays-Bas et le personnel supplémentaire y est moins onéreux et plus flexible lors des moments de pointe.
"Il y a encore beaucoup d'obstacles en Belgique pour faire du bon commerce électronique", dit encore M. Michel.
