Patiente décédée : la mauvaise foi de la FGTB
Le syndicat a pointé du doigt un problème de fonctionnement au sein du Centre hospitalier chrétien.
- Publié le 22-10-2015 à 18h33
- Mis à jour le 22-10-2015 à 19h52

Le syndicat a pointé du doigt un problème de fonctionnement au sein du Centre hospitalier chrétien. Une touriste danoise, victime d'une rupture d'anévrisme, est décédée à Liège en début de semaine. Le chirurgien qui devait l'opérer a été bloqué à Herstal, dans l'embouteillage provoqué par les manifestants de la FGTB. La dame a pu être opérée, mais le retard de trois quarts d'heure du chirurgien a fortement diminué ses chances de survie, estime le Centre hospitalier chrétien qui a déposé plainte contre X pour homicide involontaire.
Peu de temps après, Francis Gomez, de la FGTB Huy-Waremme, déclarait : "Si cet hôpital n'est pas capable de dédoubler un chirurgien de garde, alors c'est cet hôpital qui a un problème de fonctionnement."
Voici pourquoi la FGTB aurait mieux dû faire profil bas :
1. L'hôpital n'a pas fait preuve de désorganisation
En Belgique, les hôpitaux ne sont pas tenus d'avoir un chirurgien présent dans l'établissement à toute heure du jour et de la nuit, indique Sven Hendrickx, porte-parole du SPF Santé publique : "Selon la loi, il doit y avoir au minimum trois médecins sur place 24 h/24 dans un hôpital : un pour le service des urgences, l'autre pour le service des soins intensifs et un troisième pour le reste de l'hôpital. La loi ne mentionne pas quelles spécialités ils doivent avoir."
Concernant les gardes, la loi stipule uniquement qu'un médecin de chaque spécialité doit être joignable par hôpital, sans spécifier s'il doit se trouver dans un rayon proche de l'établissement. Et pour le coup, le Centre hospitalier chrétien n'a rien à se reprocher, selon les propos tenus par le directeur médical à nos confrères de la RTBF : "Nous avons quarante-six lignes de garde pour le CHC, sur six sites hospitaliers. La politique actuelle est de transversaliser les gardes entre les différentes institutions pour mutualiser les compétences entre les trois hôpitaux liégeois. Nous ne pouvons pas, et aucun hôpital en Belgique ne peut le faire, obliger quarante-six lignes de garde à loger sur place."
Toujours selon la RTBF, le chirurgien bloqué dans l'embouteillage a tenté de joindre un collègue : ce dernier était déjà en train d'opérer dans un autre hôpital. Le troisième médecin qui aurait pu intervenir était quant à lui bloqué dans un autre embouteillage autoroutier, à hauteur d'Ans, cette fois-ci.
2. En cas de rupture d'anévrisme, retarder une intervention de trois quarts d'heure peut être fatal pour le patient
Étant donné que le site de Herstal ne bénéficie pas d'un service de neurochirurgie, la patiente danoise a vraisemblablement été victime d'une rupture d'anévrisme au niveau du thorax ou de l'abdomen.
"Un anévrisme a lieu lorsqu'un segment vasculaire se dilate anormalement. Lors de la rupture, il y a une hémorragie interne qui peut être fatale. Il s'agit alors d'une urgence absolue", indique Etienne Hoffer, docteur en cardiologie au CHR de la Citadelle. "Il faut alors intervenir dans l'heure. L'opération consiste à colmater la brèche et remplacer le segment de l'artère rompu. Quand le problème est pris en charge dans les temps, les chances de survie se situent entre 70 et 80 %."
Autrement dit, les trois quarts d'heure de retard du chirurgien, bloqué dans les embouteillages causés par la FGTB, ont pu être à l'origine du décès de la patiente.