Bientôt flashés, les usagers qui téléphonent au volant?
Vias demande une adaptation de la loi pour permettre de flasher l'usage du GSM au volant.
- Publié le 16-10-2017 à 13h23
- Mis à jour le 16-10-2017 à 13h24

Vias demande une adaptation de la loi pour permettre de flasher l'usage du GSM au volant. Nos voisins néerlandais planchent sur une modification de la loi assez drastique. Elle prévoit de pouvoir infliger aux usagers qui utilisent leur téléphone au volant… des peines de prison !
"On ne va pas suivre les Néerlandais sur ce point", rassure Jasper Pillen, porte-parole de François Bellot (MR), ministre de la Mobilité. "Le montant de l'amende pour une infraction du type téléphone au volant a été récemment augmenté, passant à 116 €. Il faut également savoir que si vous regardez votre téléphone ou Facebook à l'arrêt, à un feu rouge, vous risquez la même amende."
Bonne nouvelle pour les fanatiques du SMS au volant ? Pas si vite. "Mettre les gens en prison pour cela n'est pas réaliste. Par contre, il faut augmenter le risque pour le contrevenant de se faire verbaliser", réclame Benoît Godart, porte-parole de Vias (ex-IBSR). "La législation actuelle n'autorise pas à utiliser les radars et les caméras, en particulier ceux placés sur les ponts, pour détecter l'usage du GSM au volant et le sanctionner. Il faudrait faire évoluer cette législation pour le permettre."
La balle est dans le camp du gouvernement. Car l'usage du téléphone au volant constitue un véritable fléau en matière de sécurité routière. "D'une part, cela augmente la durée des files, car les personnes ne sont pas concentrées sur la route, mais bien sur leur GSM. Résultat, leur temps de réaction est plus lent", précise Benoît Godart, porte-parole de Vias.
Selon les études sur le sujet, la distraction joue un rôle dans 5 à 25 % des accidents de la route. On estime ainsi que 30 morts et 2.500 blessés, au minimum, sont imputables à l'usage du GSM.
"Il existe des appareils comme Bluetooth qui permettent de ne pas devoir prendre le téléphone en main", reprend le porte-parole de Vias. "C'est mieux que rien, mais ce n'est pas idéal non plus, car cela diminue la concentration. D'autant que l'on se rend compte que des personnes qui ne téléphonaient pas dans leur véhicule auparavant le font désormais avec ces appareils. Mais le plus gros souci, ce sont les SMS au volant ! On le repère directement sur la route, car le véhicule épouse souvent une trajectoire bizarre." Dans deux cas sur trois, c'est pour envoyer un SMS que le chauffeur sort son smartphone. Le reste du temps, ce sera pour envoyer un mail, discuter sur WhatsApp ou surfer sur Facebook, les deux réseaux sociaux les plus populaires chez les usagers de la route.
100.000 Belges sont sanctionnés chaque année pour l'usage du smartphone au volant. Logique : un conducteur qui téléphone court trois à quatre fois plus de risques d'être impliqué dans un accident qu'un conducteur attentif.
Un nouveau radar comportemental
Des tests sont réalisés pour permettre au Mesta-Fusion de flasher l'usage du GSM au volant
Certains modèles de radars nouvelle génération sont en passe de parvenir à détecter l'usage du téléphone au volant. Le défi est à la fois technique et juridique.
Des super-radars sont déjà homologués dans notre pays. Si le NK7, déjà présent sur nos routes, n'est pas un radar dit comportemental, d'autres vont bientôt arriver, comme le Mesta Fusion. "Actuellement, notre algorithme ne peut assurer avec certitude qu'un usager porte sa main à l'oreille pour téléphoner, plutôt que simplement pour se gratter l'oreille. Le niveau de confiance n'est pas suffisant pour tenir la route lors d' un procès, face à un juge", nous explique Michel Niezen, de la société Sirien, qui commercialise le Mesta Fusion, un radar comportemental ultramoderne, qui entre dans la phase finale de son homologation par le service belge de métrologie. L'appareil devrait débarquer sur nos routes dès l'an prochain. "Des études sont en cours pour garantir une fiabilité suffisante, avec un niveau de sécurité optimal, pour la détection de l'usage du GSM au volant. Et cela pourrait bientôt aboutir !", reprend Michel Niezen.
Une autre piste : les caméras ANPR. Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, doit en installer mille exemplaires à 260 endroits au bord des autoroutes, et aux frontières en particulier, en 2017 et 2018. Cette caméra ANPR prend des photos de la plaque minéralogique, du véhicule et de ses occupants, avec une reconnaissance faciale. Mais selon le cabinet de Jan Jambon, les caméras ANPR ne sont "pas techniquement prévues pour cet usage".