Jean-Pascal Labille (Solidaris) et Thierry Bodson (FGTB) lâchent Di Rupo

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"Il faut un PS fort, un nouvel élan, sans Elio Di Rupo", selon Jean-Pascal Labille
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Le socialisme, en Belgique, c'est trois grands piliers: le Parti socialiste, les syndicats et les mutuelles. Aujourd'hui, Jean-Pascal Labille, secrétaire général des Mutualités socialistes, et puis Thierry Bodson, secrétaire général de l'Interrégionale wallonne de la FGTB, ont clairement avoué vouloir prendre leurs distances avec le président historique du PS.

Le secrétaire général de Solidaris Jean-Pascal Labille ne croit pas le PS capable de se relancer avec Elio Di Rupo à sa tête, confie-t-il dans une interview au Soir publiée samedi.

Pour lui, c'est Paul Magnette qui incarne l'avenir du parti. Jean-Pascal Labille "salue le travail qui a été accompli pour le Chantier des idées" mais regrette que "le parti soit resté dans le rendu vertical, il n'y a pas eu de débat au congrès de Liège" au mois de novembre dernier.

"Cette stratégie qui a consisté pour Elio Di Rupo, quelque part, à s'autolégitimer n'est pas à même de replacer le PS dans un bon rapport de force. (...) Les idées sont plus fortes qu'un homme, le parti est plus important que telle ou telle personne." "Je pense qu'on a besoin d'un nouvel élan, un nouvel essor, avec une nouvelle équipe", dit encore le secrétaire général des Mutualités socialistes, qui s'exprime dans cette interview au nom de Solidaris. "Celui qui incarne le mieux l'avenir, c'est Paul Magnette.", conclut-il, appelant à des élections internes au parti.

"Les gens me disent qu'avec Elio, ça ne marchera pas", dit Bodson

Puis ce fut au tour de Thierry Bodson, secrétaire général de l'Interrégionale wallonne de la FGTB, de régler ses comptes.

"Je partage l'analyse de Jean-Pascal Labille qui est en trois points, commente-t-il. D'abord, de dire que si nous n'avons pas un PS et une gauche renforcée en 2019, ce sera un cataclysme social dans les cinq ans qui viennent. Ensuite, qu'il est stupide d'avoir un parti dirigé par un seul homme, même avec un G5 ou un G10. Je suis militant depuis près de quarante ans et j'ai l'impression qu'on phagocyte mon parti. Il faut que le PS soit dirigé de façon plus collégiale." Le 3ème point de l'analyse n'est autre qu'Elio Di Rupo, explique Le Soir.

"Quand je vais dans une assemblée syndicale ou une manifestation, les gens me disent : avec Elio, ça ne marchera pas. (...) Les gens ne comprennent pas qu'on puisse passer du rôle de Premier ministre à celui de chef de l'opposition du jour au lendemain. Ce n'est pas l'homme qui est ici visé ; ce n'est tout simplement pas crédible et cela pèse beaucoup. C'est incroyable à quel point cela revient dans les discussions. Maintenant, c'est à l'intérieur du parti que les décisions doivent se prendre." Robert Vertenueil, le secrétaire général du syndicat, a préféré ne pas prendre position. Du côté du parti, c'est silence radio, même si quelques sources anonymes ont voulu dédramatiser la situation.

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