La chasse au tir à l'arc bientôt interdite ? "Un grosse bêtise"...
- Publié le 21-03-2018 à 18h56
- Mis à jour le 22-03-2018 à 14h49

Gilles Mouyard, député wallon (MR), s'oppose à l'interdiction d'une chasse qu'il juge "la plus éthique". La chasse à l'arc sera-t-elle bientôt interdite ? C'est ce que prévoit l'avant-projet de plan pour le bien-être animal remis par Carlo Di Antonio (CDH), ministre wallon en charge du dossier.
De quoi faire bondir Gilles Mouyard (MR), député wallon, qui a eu l'occasion de consulter ce plan qui doit conférer de nouveaux droits aux animaux.
"Interdire la chasse à l'arc, c'est une grosse bêtise. S'il y a bien une chasse qui est éthique, c'est celle-là, assène le Fossois, qui nous confie avoir contacté le gouvernement wallon en ce début de semaine. J'ai attiré l'attention de quatre ministres libéraux pour les sensibiliser à ce sujet."
En effet , le plan bien-être avait été mis à l'ordre du jour du gouvernement wallon, en début de semaine, en vue d'un vote. Le point a finalement été reporté : de nombreux désaccords ou points de négociations subsisteraient. Logique, s'agissant d'une si vaste réforme qui prévoit d'instaurer un permis pour détenir un animal ou d'interdire l'élevage de poules en batterie à partir de 2028.
"Tout ce projet constitue une attaque contre la ruralité, ses us et coutumes ", juge Gilles Mouyard.
Mais c'est surtout l'interdiction de chasser à l'arc qui provoque son inquiétude. Ce type de chasse, pourtant assez largement pratiqué dans le pays, reste méconnu du grand public. Le fondateur de la Fédération wallonne des Chasseurs à l'arc revendique 500 adeptes. Ils seraient autant en Flandre.
"Certains trouvent la pratique barbare, d'autres la tournent en dérision. Cela leur évoque les Indiens, la chasse au bison, reprend le député libéral . En réalité, l'animal souffre beaucoup moins avec une flèche qu'avec une balle . La flèche est nettement plus meurtrière : l'hémorragie est beaucoup plus rapide qu'avec une balle de fusil. L'animal souffre moins. Dans cette chasse, utilisée surtout pour chasser le chevreuil, le cerf et le sanglier, il faut affûter, s'approcher à très courte distance de l'animal. Pas plus de 15 mètres. La bête est alors à l'arrêt. L'arc, muni de poulies, est très puissant. Comme le chasseur est proche de la bête, il fait mouche presque à chaque fois !"
À en croire Gilles Mouyard, la chasse à l'arc permet de réguler les populations de grands gibiers, en particulier les sangliers, dans les zones périurbaines où la chasse traditionnelle est proscrite, pour raisons de sécurité. "Il n'y a plus de grands prédateurs dans ce pays. Résultat, la surdensité de la grande faune est importante dans certaines régions. La chasse à l'arc peut contribuer à l'équilibre et permettre de chasser en toute sécurité certaines bêtes ", conclut-il.
A priori favorable à l'interdiction de la chasse à l'arc, le cabinet Di Antonio a préféré ne pas communiquer sur ce dossier avant que le gouvernement n'en approuve le contenu.
Pour ou contre ?
Jean Galoppin est POUR : "Le stress pour l'animal est bien moindre"
"Je pratique la chasse à l'arc depuis 35 ans durant lesquels j'ai tiré 350 animaux. Je gère 550 hectares de chasse dans les Ardennes. Je crois pouvoir dire que personne en Belgique n'a mon expérience", nous confie Jean Galoppin, fondateur et ex-président de la Fédération wallonne des chasseurs à l'arc, de Beaumont (Hainaut). "Le stress pour l'animal est bien moindre quand il est tiré avec une flèche. Avec l'arc, il n'y a pas d'onde de choc, ni de bruit. Comme le disaient les Indiens, l'animal est mort mais il ne le sait pas. J'ai tiré des animaux qui, après l'impact, continuaient à marcher durant 10 mètres puis tombaient, morts. Ce n'est pas comme un impact de balle, qui déchire et brûle les chairs. La flèche provoque une rapide hémorragie. C'est comme quand vous vous coupez mais que vous ne sentez pas directement la douleur."
M. Vandenbosch, président de Gaia, est CONTRE : "Inacceptable du point de vue éthique"
"Je suis tout à fait d'accord avec l'interdiction de la chasse à l'arc. Il y a des rêveurs qui se croient encore il y a 300.000 ans, à l'époque des chasseurs du paléolithique , assène Michel Vandenbosch, président de Gaia. Cette méthode de chasse est inacceptable du point de vue éthique. Certains disent que c'est plus naturel ? Je leur répondrai qu'on n'est plus dans les cavernes."
Le président de Gaia ne croit pas les théories selon lesquelles la flèche tue plus rapidement qu'une balle. "C'est de la théorie. Et la théorie ne m'intéresse pas. Encore faut-il que le tireur soit à la hauteur ! Je vous le prédis, les animaux subiront des blessures qui les mèneront à une mort lente."
Michel Vandenbosch préfère ne pas se lancer dans le débat au sujet de la surpopulation de certaines espèces .
"C'est un débat sans fin."