Peste porcine africaine: "Le secteur porcin est vierge de toute contamination"
Les ministres belges de l'Agriculture - Joke Schauvliege (CD&V) pour la Flandre, René Collin (cdH) pour la Wallonie et Denis Ducarme (MR) pour le fédéral - se sont à nouveau retrouvés ce mercredi matin à Namur afin de coordonner leurs forces dans le dossier de la peste porcine africaine qui s'est déclarée la semaine dernière dans le sud de la province de Luxembourg.
- Publié le 19-09-2018 à 15h09
- Mis à jour le 20-09-2018 à 10h31
Les ministres belges de l'Agriculture - Joke Schauvliege (CD&V) pour la Flandre, René Collin (cdH) pour la Wallonie et Denis Ducarme (MR) pour le fédéral - se sont à nouveau retrouvés ce mercredi matin à Namur afin de coordonner leurs forces dans le dossier de la peste porcine africaine qui s'est déclarée la semaine dernière dans le sud de la province de Luxembourg.
Si aucune nouvelle mesure n'a été décidée durant la réunion à laquelle assistaient également des représentants de l'Afsca et de l'administration, un message clair en est ressorti: à l'heure actuelle, le secteur porcin belge est vierge de toute contamination. "Nous avons poursuivi l'échange d'informations" afin d'éradiquer le plus rapidement possible une maladie qui menace le secteur porcin et ses 15.000 emplois directs en Belgique, ont indiqué les ministres au terme de la rencontre.
"C'est un combat commun. Nous sommes les uns à côté des autres pour venir à bout de cette maladie qui représentera un coût certain - se chiffrant en dizaines de millions d'euros - pour le secteur porcin", a précisé le ministre fédéral de l'Agriculture, Denis Ducarme.
La Belgique compte en effet 4.039 exploitations porcines et 6,2 millions de porcs - dont plus de 90% en Flandre - pour un chiffre d'affaires de 1,3 milliard d'euros à l'exportation, des exportations en très large majorité (94%) intra-européennes.
Face à ce constat et aux pertes qui menacent le secteur alors qu'une dizaine de pays ont déjà décidé de suspendre leurs importations de porcs belges, les ministres ont convenu d'examiner les pistes possibles de soutien au secteur. "Nous y réfléchissons ensemble et nous étudions les mesures envisageables dans le respect des règles européennes", a poursuivi M. Ducarme. La Belgique doit présenter, dans les 3 mois, un plan d'éradication de la maladie à la Commission européenne.
"Pour l'instant, les pays qui ont placé sous embargo les porcs belges ne représentent que 6% de la production belge", a renchéri René Collin selon qui la priorité actuelle reste "d'éviter d'autres contaminations", et surtout la contamination de porcs "qui ferait perdre à la Belgique le statut de pays indemne de peste porcine et fermerait les exportations". Si ce scénario catastrophe devenait réalité, un abattage massif serait envisagé dans la zone concernée, a admis le ministre régional.
"Mais aujourd'hui, la filière porcine est saine. C'est le message que nous devons faire passer", en Belgique et à l'étranger, par l'intermédiaire de la task force des Affaires étrangères et de l'Awex (Agence wallonne à l'exportation), a ajouté le ministre wallon de l'Agriculture en affirmant, par ailleurs, que "l'ensemble des ateliers porcins situés dans la zone de sécurité, déjà placés sous surveillance, auront été revisités par l'Afsca à la fin de cette semaine".
Un message rassurant également repris par Joke Schauvliege, la ministre flamande en charge du secteur. "Nos éleveurs sont inquiets et on doit leur apporter des réponses. Nous devons travailler ensemble et ne pas paniquer. A l'heure actuelle, il n'y a aucun problème avec les porcs belges", a-t-elle souligné.
Les ministres belges de l'Agriculture se retrouveront mercredi prochain à Bruxelles pour une nouvelle réunion avec le secteur agricole. Auparavant, René Collin rencontrera demain/jeudi la filière porcine wallonne.
Depuis la fin de la semaine dernière, 5 cadavres de sangliers atteints de la peste porcine africaine ont été découverts dans le sud de la province de Luxembourg. Mardi, 5 nouveaux cadavres ont été retrouvés dans la zone de sécurité mais on ignore encore si les bêtes sont décédées de la maladie. Quant aux résultats des tests menés pour tenter de déterminer l'origine des animaux infectés, ils ne sont pas attendus avant la fin du mois, a enfin indiqué le ministre wallon de l'Agriculture.
