"Les inspecteurs qui contrôlent le respect du télétravail ont-ils vraiment la compétence pour déterminer qui peut rester à la maison et qui doit venir au bureau?"
Pierre-Frédéric Nyst, président de l'UCM, a des craintes quant à la manière dont ces contrôles sont menés.

- Publié le 05-01-2021 à 06h41
- Mis à jour le 05-01-2021 à 14h45

L'annonce d'un renforcement des contrôles et de l'aspect répressif ne fait pas l'unanimité au sein des représentants des indépendants. "Le télétravail s'est imposé depuis près de neuf mois. C'est classiquement le fruit d'un accord dans un contrat de travail entre l'employeur et l'employé. Un troisième larron, l'État, s'est invité dans la relation en imposant le télétravail et vient bouleverser ce consensus ", regrette Pierre-Frédéric Nyst, président de l'Union des classes moyennes (UCM). " En mars, avril et mai, la grande majorité des employeurs a joué le jeu. Neuf mois plus tard, un phénomène d'usure s'est mis en place. Beaucoup d'employés demandent à pouvoir revenir au travail de temps en temps, alors que c'est interdit. De la même manière, des employeurs estiment qu'il est plus facile de travailler avec ses équipes près de soi plutôt que de ne les voir qu'en vidéoconférence. Le ministre Dermagne estime qu'il faut surtout contrôler… Or, cela me semble difficile de le faire en cette période. La population a déjà du mal à adhérer aux mesures. Le Premier ministre, Alexander De Croo, a parlé d'une équipe de 11 millions de Belges. C'est plus vers cela qu'on doit aller."
" Ces contrôles gardent une visée préventive ", a tempéré le ministre Dermagne dans un communiqué. " Mais rien n'empêche nos inspecteurs de prendre des mesures répressives d'urgence en cas de violation flagrante des règles édictées."
Le président de l'UCM s'inquiète également de la manière dont ces contrôles s'effectuent. " Nous sommes évidemment favorables à des sanctions quand il y a des abus manifestes. Mais comment concrètement dire : vous avez une tête à faire du télétravail, vous à être au boulot ? Les inspecteurs sont-ils suffisamment formés pour faire la différence ? Ils vont un jour visiter une entreprise de pièces pour aéronautique, le lendemain un cabinet d'avocats, et le surlendemain une enseigne Horeca qui fait du take-away. Comment estimer qu'une personne doit être chez elle ou peut se rendre sur son lieu de travail ? Ce n'est pas évident, vraiment. On a de sérieuses craintes à ce niveau. Les contrôles ne nous paraissent pas opportuns en cette période. Ils vont rajouter de la dissension entre citoyens. "