Le coup de gueule des dentistes: "Nous sommes l'un des métiers les plus à risques et on veut nous donner le vaccin avec le taux de protection le plus bas du marché !"
Ils recevront probablement des injections du vaccin d'AstraZeneca, moins performant, et dénoncent le mépris envers la profession.

- Publié le 17-02-2021 à 06h36
- Mis à jour le 17-02-2021 à 14h07

Nous ne voulons pas de solution au rabais, nous exigeons la transparence !" C'est en substance le message lancé par une orthodontiste de Charleroi, Sophie Turin, face au flou des autorités en charge des vaccinations.
En Wallonie, la campagne pour la première ligne de soignants doit démarrer en principe le 22 février. "Nombre de membres de notre profession de moins de 55 ans redoutent le recours à des injections d'AstraZeneca, le vaccin qui offre actuellement le taux de protection le plus bas du marché. Il faut attendre 14 semaines pour que son efficacité atteigne 83 %, alors que les Pfizer-BioNTech et Moderna offrent déjà une immunité de 90 % après la première injection - un chiffre qui grimpe à 95 % après la deuxième."
À l'instar de la SMD (société de médecine dentaire), l'une des deux associations professionnelles du secteur, la praticienne appelle à la clarté : "Il faut se rendre compte que nous sommes devenus l'un des métiers les plus à risques face à la Covid-19, sur un même pied d'égalité que les ORL et anesthésistes ! Notre activité nous confronte tous les jours à des patients sans masque et nous plonge dans des aérosols, des nuages de microparticules potentiellement contaminantes, favorisés par l'usage de nos instruments rotatifs. Pour nous mettre à l'abri ainsi que nos équipes, nous sommes tenus au respect de mesures extrêmement contraignantes : port de masques KN95 filtrant dans les deux sens, l'équivalent des FFP2, douches au cabinet avant le retour à la maison… C'est dur !"
Sophie Turin l'observe : "Les deux vagues de contamination ont favorisé l'anticipation du départ à la retraite de nombreux dentistes, dont la patientèle s'est reportée sur des cabinets déjà actifs. Un afflux de patients qui impacte nos vies. Nous pouvons passer plus de dix heures par jour à travailler."
Vu les risques, la dentiste appelle l'Aviq, responsable de la vaccination en Wallonie, à offrir à l'ensemble des membres de sa profession la solution la plus sécurisante, ou au minimum le choix du vaccin. Dans le cas inverse, "il faut assumer cette incapacité et oser le dire ouvertement".
Selon l'orthodontiste, "aucune réponse précise n'a été apportée à ses échanges de mails avec l'Aviq, les associations professionnelles et le cabinet de la ministre". Ce qui fait monter l'inquiétude.