Claquages de porte, volte-face d'un parti et déclaration de politique générale menacée: les coulisses d'une dernière nuit de négociation agitée
Retour sur les négociations de cette nuit sur le budget fédéral.

- Publié le 12-10-2021 à 07h06
- Mis à jour le 12-10-2021 à 10h20

Depuis deux heures du matin cette nuit, il y avait un presque accord sur la table sur les volets "budget", "emploi", "relance" et "énergie" dans ces négociations fédérales. On savait que la nuit serait compliquée et, effectivement, quelques dossiers ont été compliqués à entériner. Quelques claquages de porte ont été entendus... Dans la matière "emploi", qui crispe depuis belle lurette les socialistes et les libéraux, des accords avaient pourtant été trouvés sur le dossier sensible des sanctions pour les chômeurs qui refuseraient par deux fois une emploi ou une formation dans un métier en pénurie et sur celui des dispenses de cotisations sociales pour les premiers emplois. L'idée étant de suivre l'avis par les partenaires sociaux il y a quelques semaines.
Mais en revanche, en fin de nuit, vers 4h30, un dossier bloquait toujours: le travail de nuit dans le commerce électronique. L'équipe vivaldienne pensait avoir trouvé un accord mais il n'en était rien. Volte-face d'un parti - le PS - autour de la table. Un parti qui, de son côté, regrette que la Vice-Première libérale soit parie du kern prématurément aussi, "ce qui laissait un vide que nous avions du mal à interpréter", nous dit une source socialiste, qui ajoute que des demandes libérales en matière de dérégulation du marché du travail (l'annualisation du temps de travail sur base individuelle) étaient aussi imbuvables. Et donc, renvoi du Premier ministre à sa réflexion. Plus personne ne semblait savoir où on en était. En attendant, l'heure tournait et le discours de politique générale (DPG; state of union) du Premier ministre Alexander De Croo à 14h30 à la Chambre se voyait clairement menacé. Ce moment important de démocratie a déjà été reporté par le passé, en 2016, sous la Suédoise, mais le Premier Ministre entendait se battre pour ne pas en arriver à cette extrémité. Pour cela, il devait trouver une solution qui contente PS et MR sur la question de l'assouplissement de la réglementation du marché du travail (week-end et travail de nuit) pour le commerce électronique.
Finalement, un accord total est intervenu vers 9h. Le PS se trouvant "apaisé par les mesures". L'épisode laissera des traces, car la méthode "De Croo", de remplir l'entonnoir avec énormément de sujets assez tard en septembre n'a pas plu à certains partenaires de la majorité, qui peinant à dégager la cohérence et l'équilibre d'un accord qui contient finalement plus de 100 mesures...