Le nombre de logements sociaux diminue en Wallonie : "Le gouvernement prépare, à terme, la mise à mort du logement social"
Une baisse qui s'explique par une préférence pour les logements publics, selon le PTB.
- Publié le 27-06-2022 à 06h45

Le nombre de logements sociaux diminue en Wallonie. Depuis le début de la législature, en 2019, la région a perdu 126 logements sociaux. C'est ce qu'a calculé le PTB sur base des données fournies par l'Iweps, l'Institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique. "Le logement social représentait un peu moins de 10 % des logements wallons entre 1975 et 1998. En 2020, il ne représentait plus que 6,3 % en région wallonne", calcule Germain Mugemangango, chef de groupe au Parlement wallon.
Ce constat surprend, sachant que le gouvernement a inscrit dans sa DPR la volonté de créer 12 000 logements publics durant cette mandature. Cette diminution s'explique par les termes et les critères qui déterminent les logements créés. Ce qui se fait aujourd'hui, c'est du logement public et non du social. "Les 'logements moyens' et les 'logements à loyer d'équilibre' ont augmenté de respectivement 2,81 % et 22,35 % depuis 2019", poursuit Germain Mugemangango.
Or, sur les 40 000 familles (environ 91 000 personnes) sur liste d'attente pour un bien public, seule une toute petite part serait éligible pour bénéficier d'une de ces habitations. "98,5 % de ces 40 000 familles sur liste d'attente le sont pour un logement social et peuvent dès lors difficilement prétendre aux logements moyens ainsi qu'aux logements à loyer d'équilibre."
Les sociétés de logements publics distinguent trois catégories de personnes : "catégorie 1" (état de précarité), "catégorie 2" (revenus modestes) et "catégorie 3" (revenus moyens). La catégorie 1 concerne les revenus les plus faibles tandis que la catégorie 3 concerne les revenus les plus élevés pouvant encore candidater à un logement social.
Le logement social est ouvert aux catégories 1, 2 et 3. Le logement moyen, lui, n'est ouvert qu'à la catégorie 3, c'est-à-dire, pour le cas d'une personne isolée, un revenu entre 29 100 € et 45 100 € imposables par an. Cette tranche de revenus ne concerne que 1,5 % des 40 000 familles. Dans les logements à loyer d'équilibre, le loyer est basé sur le marché locatif environnant. "Avec un jeu de mots, le gouvernement prépare, à terme, la mise à mort du logement social et ne propose aucune réelle solution pour les 90 000 personnes qui attendent un logement social", s'indigne Germain Mugemangango.
