Le chômage énergie commence ce lundi en Belgique : les PME déjà très demandeuses
Dès ce lundi, la Belgique va connaître le chômage énergétique. De nombreuses entreprises souhaitent y recourir.

- Publié le 03-10-2022 à 09h29

Il y a près de deux semaines, le gouvernement fédéral a annoncé une nouvelle forme de chômage temporaire "énergie" alignée sur le cadre proposé par l'Europe. Une mesure jugée indispensable quand on sait que de nombreuses entreprises ont démontré que malgré les économies d'énergie, elles produisent à perte. Elles ont donc besoin de pouvoir mettre entre parenthèses leur production et de ne pas financer toute leur masse salariale.
"À partir de ce lundi 1er octobre, les entreprises qui éprouvent des difficultés à occuper leur personnel en raison des coûts élevés de l'énergie pourront faire appel à un nouveau régime de chômage économique, indique Jean-Luc Vannieuwenhuyse, expert juridique chez SD Worx. Ce nouveau régime coexistera avec le régime classique du chômage économique. L'employeur pourra donc choisir entre les deux. À certains égards, le nouveau régime est plus souple que celui du chômage économique classique. Par exemple, si une période de chômage énergie est expirée, l'employeur peut introduire une nouvelle demande sans qu'il doive remettre un temps son personnel au travail. Cette obligation existe par contre pour le chômage économique classique."
Les organes de concertation devront être avertis
Ce nouveau régime "chômage énergie" s'applique tant aux ouvriers qu'aux employés et pourrait être prolongé au-delà du 31 décembre prochain. Pour y faire appel, l'employeur devra notamment démontrer que ses coûts d'énergie dépassent d'au moins 3 % la valeur de production de l'entreprise et que sa facture d'énergie a au moins doublé. Les cabinets peaufinent encore les textes pour définir ces notions.
"Les travailleurs concernés par le 'chômage énergie' recevront une allocation de l'Onem égale à 70 % du salaire brut plafonné (3 075,04 euros par mois), alors que le pourcentage n'est que de 65 % pour le chômage économique classique. Les travailleurs recevront en outre un complément de 6,22 euros/jour à charge de leur employeur (sauf si un fonds sectoriel prend le complément en charge)", précise-t-il.
D'ailleurs, d'après une enquête menée par SD Worx, une PME sur cinq dans les secteurs de l'industrie et la construction compte faire appel au chômage temporaire. L'augmentation des coûts salariaux est le plus grand défi, surtout pour les PME comptant beaucoup de collaborateurs.
Concrètement, pour certaines, les solutions envisagées sont de réduire les coûts de personnel en remplaçant moins de travailleurs, en faisant appel au chômage temporaire, en travaillant avec moins de personnes ou même en licenciant du personnel. "Les frais de personnel, ainsi que les coûts énergétiques, sont les principales préoccupations pour le quatrième trimestre, rapporte Vassilios Skarlidis, Manager Regional PME chez SD Worx. Dans l'industrie et la construction, une PME sur cinq souhaite recourir à l'une des formes du chômage temporaire. Il est frappant de constater qu'une PME sur six dans ces secteurs envisage également des licenciements pour réduire les coûts."