Test pour devenir Belge : "Quand on aborde ces questions d'intégration, on nous traite de raciste", regrette Jacqueline Galant
L'ancienne ministre fédérale juge que la Wallonie est frileuse lorsqu'il s'agit de s'interroger sur les conditions d'octroi de nationalité belge.
- Publié le 24-01-2023 à 06h46

Le CD&V remet sur la table son projet d'imposer un test de citoyenneté pour obtenir la nationalité belge. Les chrétiens-démocrates flamands avaient déjà bataillé pour l'avoir lors de la formation du gouvernement De Croo, mais les socialistes s'y étaient vigoureusement opposés. C'est la raison pour laquelle ce point ne figure pas dans l'accord de gouvernement.
"Le CD&V chasse sur les terres de la NVA voire du Vlaams Belang qui s'est fait récemment recaler par le Conseil d'État sur sa proposition de loi spéciale prévoyant que la volonté d'intégration des étrangers qui demandent à être naturalisés soit évaluée au moyen d'un examen de citoyenneté", analyse François De Smet, président de DéFI.
La N-VA regarde sans trop y croire cette proposition. Le député Theo Francken rappelle que son parti avait fait une proposition similaire deux ans et demi plus tôt et que sans majorité alternative, la proposition n'ira nulle part. Le Vlaams Belang surenchérit, soulignant qu'ils avaient fait cette proposition en 2019.
Pourtant, il faut rappeler qu'en 2010 déjà, le MR proposait de durcir les conditions d'octroi de la nationalité belge. À l'époque membre de la commission des naturalisations, Jacqueline Galant estimait que les critères d'admission étaient trop laxistes. "À l'époque, je m'étais fait incendier. Aujourd'hui, même Conner Rousseau [le président des socialistes flamands] dit que l'intégration est un échec."
Trop frileux
Pour la députée wallonne, "le Sud du pays est beaucoup trop frileux sur ces questions". "Les mentalités n'ont pas évolué. Dans certains quartiers de Bruxelles, on voit des magasins dont les noms sur les enseignes ne sont écrits dans aucune des trois langues du pays. Dans certaines écoles, les cours de religion sont donnés en arabe et aucun contrôle n'est fait. Mais quand on aborde ces questions d'intégration, on nous traite de raciste", déplore la Jurbisienne.
L'ancienne ministre fédérale dépose d'ailleurs une question en ce sens. Observant que les Pays-Bas, l'Allemagne et la France organisent déjà des examens basés à la fois sur la maîtrise de la langue mais aussi sur les connaissances sociétales, elle interroge la ministre wallonne de l'Action sociale Christie Morreale sur une possible réforme du parcours d'intégration.
