De plus en plus de Belges télétravaillent sous le soleil, à l'étranger : attention, dans le "workation", tout n'est pas permis…
une tendance qui s'amplifie De plus en plus de travailleurs belges se prêtent au jeu du "workation". Un phénomène qui nécessite une série de formalités.

- Publié le 20-04-2023 à 06h30

C'est un fait indéniable, de plus en plus de Belges actifs optent pour des "workation", c'est-à-dire partir en vacances, mais continuer quand même à travailler.
Avec le retour des beaux jours et des vacances, de nombreux travailleurs sont tentés par cette forme flexible de télétravail. Ce nouveau mode de travail, qui allie loisirs et activité professionnelle à distance dans des lieux hybrides, séduit la population active. "Chez nous, c'est autorisé mais ce n'est pas un acquis et tout n'est pas permis, indique Geert Volders, expert en télétravail auprès du cabinet de conseil BDO Belgium, une société qui conseille les entreprises en matière de gestion du travail à domicile. C'est en effet autorisé quand c'est possible et moyennant un accord écrit avec son employeur sur la modalité, le lieu, la durée et la disponibilité à certaines heures précises. Il faut donc un accord entre les deux parties, ce qui implique des heures de présence à des heures prédéfinies. On ne peut donc pas partir travailler à l'étranger sans prévenir son employeur".
Un tiers des Belges preste au moins une journée de télétravail par semaine
D'après les données récentes du SPF Mobilité, un tiers (32 %) des Belges preste au moins une journée de télétravail par semaine, selon des données récentes du SPF Mobilité. C'est quatre fois plus qu'en 2018. Chez le tour-opérateur TUI, on confirme un intérêt grandissant pour le programme workation : en 2022, les demandes étaient deux fois plus nombreuses qu'en 2021.
"Les employés ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent et les employeurs ont une responsabilité au niveau de l'encadrement de la pratique, souligne-t-il. On voit bien que la demande est de plus en plus forte, de nombreux Belges veulent travailler au soleil et se déconnecter de leur environnement de travail. On recommande donc aux deux parties de conclure un avenant au contrat de travail, ce qui est d'ailleurs imposé par la loi. Je pense que cela demande une grande confiance entre les deux parties car on voit qu'il y a encore beaucoup de réticences et de dérives, il faut un encadrement strict dès le départ".
La plupart du temps, les travailleurs peuvent s'installer dans des "workstations", soit des espaces conçus comme un mix entre espace de coworking et chambre d'hôtes, voire des auberges de jeunesse. Et dans la majorité des pays de l'Union européenne, 183 jours par an sont autorisés pour le télétravail depuis l'étranger. "Au niveau de la sécurité sociale, le travailleur ne peut pas travailler plus de 25 % de son temps de travail à l'étranger pour rester assujetti à la sécurité sociale belge, précise Geert Volders. Et pour l'assurance, il faut stipuler dans le contrat s'il y a un changement afin d'être assuré en cas d'accident à l'étranger".