Vingt-quatre hommes et femmes politiques menacés l'année dernière : "La nature des mesures de protection varie"
Le ministère de l'Intérieur constate que le nombre de personnalités politiques qui ont besoin d'une protection est stable.

- Publié le 16-08-2024 à 07h12
- Mis à jour le 16-08-2024 à 07h17

Les décisions et les prises de position politiques ne font pas que des heureux. Et certains sont prêts à aller très loin pour exprimer leur colère. Jusqu'à menacer des femmes et des hommes politiques.
En décembre dernier, la parlementaire N-VA Darya Safai, qui a régulièrement pris position contre l'Iran, avait ainsi dû annuler sa venue pour une rencontre avec la population à Wemmel tant les menaces paraissaient sérieuses. Ce qui a conduit à une question parlementaire. "Cette annulation met en lumière les défis et les risques auxquels certains représentants politiques dans notre pays peuvent être confrontés lorsqu'ils expriment des opinions critiques, en particulier sur des sujets sensibles tels que les régimes autoritaires et l'extrémisme religieux", avait ainsi justifié la députée fédérale (et aujourd'hui wallonne) Marie-Christine Marghem (MR). Et de s'interroger sur l'augmentation éventuelle du nombre de menaces proférées à l'endroit d'élus belges.
La ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) a donné des chiffres. En 2021, 16 dossiers de menaces ont été ouverts dans la catégorie des "responsables politiques", impliquant au total 19 personnes. En 2022, le Centre de crise national (NCCN) a ouvert 11 dossiers impliquant 13 personnes. Et en 2023, 16 dossiers ont été ouverts, concernant 24 personnes.
La nature des mesures de protection varie. Le Centre de crise n'en dira pas plus.
Certains dossiers ont été clôturés. Pour les dossiers qui sont toujours en cours, soit 21 dossiers qui concernant 26 personnes, les mesures de protection prises sont toujours d'application. Certains dossiers restent donc régulièrement ouverts plus d'un an.
Le nombre de nouveaux dossiers reste donc assez stable. Le nombre de personnes menacées est plus élevé que le nombre de dossiers car plusieurs personnes peuvent faire partie du même dossier.
Des élus comme des non-élus
Le Centre de crise ne fait pas de distinction selon que la personne est élue ou non. Lorsque de nouvelles informations sont reçues concernant une menace visant un responsable politique, le Centre de crise vérifie si la menace relève de l'exercice de sa profession, de sa fonction ou de son rôle social.
La nature des mesures de protection varie. Le Centre de crise n'en dira pas plus, soulignant simplement que l'on tient compte des évaluations de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) et de la police fédérale ainsi que des caractéristiques propres à la situation du domicile ou du lieu de travail de la personne menacée.
Quoi qu'il en soit, un examen est toujours effectué. Lorsqu'un responsable politique dépose plainte à la police locale, celle-ci prend contact avec le NCCN. Sur la base des informations communiquées, le NCCN ouvre un dossier de "personnes menacées". Il demande ensuite une évaluation de la menace à l'OCAM, afin de connaître la gravité de la menace provenant du milieu extrémiste/terroriste, et/ou à la police fédérale, si la menace provient du milieu criminel. Sur la base des niveaux de menace attribués par ces services, qui vont de 1 à 4, et sur la base d'une analyse de risque, le NCCN examinera pour chaque dossier les mesures de protection à prendre.