Attentat à la pudeur par un interné de la prison de Haren contre une accompagnatrice de détention : "des faits déplorables et inexcusables"
L'information, confirmée par l'administration pénitentiaire, illustre à nouveau la problématique des personnes souffrant de troubles psychiatriques dont la place n'est pas en prison.

- Publié le 21-03-2025 à 17h30
- Mis à jour le 21-03-2025 à 17h53

Ce vendredi, en journée, une personne souffrant de troubles psychiatriques incarcérée à la prison de Haren a commis un geste totalement déplacé à l'encontre d'une accompagnatrice de détention. "L'individu s'est frotté avec son sexe contre elle. Cette dernière, sous le choc, est rentrée à son domicile. La direction a été mise au courant des faits. La procédure prévoit que les détenus doivent normalement être accompagnés de deux agents lorsqu'ils sortent de cellule, ce qui ne semble pas avoir été le cas", relate un agent pénitentiaire sous couvert d'anonymat qui se dit lassé des agressions dont sont de plus en plus souvent victimes ses collègues.
L'information est confirmée par Valérie Callebaut, porte-parole de l'administration pénitentiaire. "Les faits qui se sont produits sont déplorables et inexcusables. L'interné a été pris en charge et le dossier est géré par la direction de la prison de Haren qui a pris les mesures nécessaires", explique-t-elle.
Plus de 1000 internés se retrouvent en prison
Actuellement, plus de 1000 personnes souffrant de troubles mentaux se retrouvent derrière les barreaux faute de places suffisantes dans les centres de psychiatrie légale. Dans ce contexte, la ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD & V) entend bien améliorer l'encadrement de ces personnes.
"Notre pays a été condamné à plusieurs reprises pour les conditions abominables des internés dans nos prisons. La gestion des détenus et des internés qui présentent un comportement agressif doit reposer à la fois sur la dispersion et sur le placement temporaire dans une section spécialement prévue à cet effet. Des cellules sécurisées seront installées dans plusieurs prisons afin que les collaborateurs puissent interagir en toute sécurité avec les détenus qui présentent un comportement agressif", a-t-elle indiqué lors de son exposé d'orientation politique devant les députés à la Chambre.
Un fait de violence sur trois est causé par un interné
"Puisqu'un cas sur trois de faits de violence graves contre nos collaborateurs est occasionné par des personnes internées, un nombre limité de cellules sécurisées sera également mis en place dans les annexes et les sections de protection de la société", a-t-elle précisé. "À la prison de Haren, nous ouvrons une section de psychiatrie aiguë qui doit assurer un accueil de courte durée et élaborer des plans de traitement pour les détenus et internés agressifs."
Cet incident survient quelques mois après une violente agression commise par une assistante sociale de la prison d'Anvers survenue en septembre dernier. Les faits se sont déroulés dans un local de la prison lors d'un entretien entre un détenu et son assistante sociale. Plusieurs dysfonctionnements seraient en cause. En principe, deux surveillants doivent être présents derrière la porte, mais ce jour-là, il n'y en avait qu'un. Par ailleurs, un bouton d'alarme était mal géolocalisé. Résultat : plusieurs minutes se sont passées avant que l'assistante sociale ne soit secourue.