Les sociétés de tabac tirent la sonnette d'alarme suite aux nouvelles mesures: "C'est la porte grande ouverte au commerce illégal"
Les sociétés de tabac tirent la sonnette d'alarme. Pour elles, les nouvelles règles vont accentuer un phénomène négatif déjà en cours au lieu de lutter contre le tabagisme.

- Publié le 28-03-2025 à 10h23

Du côté des fabricants de cigarettes, on ne voit pas non plus d'un bon œil la nouvelle réglementation. "Maintenant que le commerce légal est confronté à de nouveaux obstacles, comme l'interdiction de vente dans les supermarchés et l'interdiction d'exposition dans le commerce de détail, la voie vers un commerce illégal encore plus important est plus ouverte que jamais", fait savoir Cimabel, fédération belgo-luxembourgeoise des fabricants de cigarettes.
Selon une récente étude de WPSM group, 36,5 % des cigarettes fumées en Belgique ne proviennent pas du Plat pays. Elles sont achetées légalement en Bulgarie (56 %), au Luxembourg, en Turquie, en Roumanie, en Grèce, au Maroc ou en Albanie où les prix sont moins chers et revendues par des contrebandiers et des organisations criminelles. L'État belge perd ainsi plus de 2,177 milliards d'euros de recettes.
"Ces mesures vont transférer le problème ailleurs ou l'amplifier"
"Quand on implémente des mesures punitives l'une après l'autre, on voit que ce ne sont pas des solutions durables. Ces mesures vont transférer le problème ailleurs ou l'amplifier. On crée une stigmatisation des fumeurs. La plus grande partie va continuer à fumer et chercher des moyens plus rapides et moins chers. Ce sera souvent dans les circuits illégaux sans que la qualité du produit soit garantie", réagit la porte-parole de Philip Morris Benelux. "Éliminer la cigarette de manière durable est une problématique beaucoup plus complexe. Il faut une solution qui marchera pour les non-fumeurs et les fumeurs car il y aura toujours un groupe qui va choisir consciemment de continuer à fumer. Avec ces mesures, on loupe l'opportunité d'aider ces adultes à se tourner vers des produits moins nocifs comme l'e-cigarette, le tabac chauffé, etc."
Pour Cimabel, le gouvernement se tire une belle dans le pied alors qu'il recherche des recettes supplémentaires. Or limiter les points de vente et cacher les produits creuseront davantage le trou budgétaire, assure la fédération.