En France, des courriers sont envoyés aux femmes de 29 ans pour penser à leur fertilité: "Ce serait une bonne idée de le faire en Belgique"
La France veut lutter contre la dénatalité. En Belgique aussi le nombre de naissances poursuit sa chute.

- Publié le 14-03-2026 à 13h44
- Mis à jour le 14-03-2026 à 14h06

"Il est temps de réfléchir au projet ou non d'avoir un enfant." Voici comment devrait débuter le courrier que recevront les Français de 29 ans cet été, selon les informations de France Info.
L'objectif est de les sensibiliser à la question de l'infertilité qui touche 3 millions de personnes dans l'Hexagone.
La démarche n'est pas dénuée de sens, estime un expert. "À partir de 30 ans, la fertilité chez la femme diminue. La qualité des ovocytes diminue fortement et ça devient aigu à partir de 35 ans", explique Pr Michel De Vos, médecin en fertilité et chef du service à Brussels IFV, clinique de fertilité de UZ Brussel. "Il est rationnel de sensibiliser les femmes et ce serait une bonne idée de faire comme en France, envoyer une lettre pour penser à la fertilité et à la congélation des ovocytes."
En Belgique, un couple sur six est concerné par l'infertilité. Une femme ayant un cycle menstruel régulier qui tente de concevoir de manière naturelle à 20 % de probabilité chaque mois d'être enceinte à 30 ans. À 35 ans, la chance descend à 12 % et à 40 ans, ça tombe à 5 %.
Congélation des ovocytes
Selon Stabel, l'âge moyen au premier enfant témoigne d'une maternité plus tardive. D'après les derniers chiffres de 2022, les femmes tombent enceintes pour la première fois à 29,6 ans et ont un enfant à 31,3 ans en 2024.
À défaut de vouloir un enfant tout de suite, la médecine permet "d'arrêter" le temps pour découvrir la maternité plus tard. "La congélation des ovocytes se fait de plus en plus tôt. En 2010-2012, l'âge moyen était 37 ans. En 2025, c'est 34 ans, c'est l'idéal car c'est juste avant le déclin de la qualité", note Pr Michel De Vos. "Une femme de moins de 35 ans qui congèle 10 ovocytes a une probabilité de naissance de 50 % peu importe l'âge qu'elle a quand elle utilise les ovocytes congelés. La congélation bloque le déclin de la qualité."
En 2025, 656 cycles de congélation d'ovocytes au sein de l'UZ Brussel, soit environ 400 femmes. L'année précédente, il y a eu une centaine de cycles en moins. "Il y a une augmentation des demandes de congélation d'ovocytes en Belgique et ailleurs pour des raisons non médicales. Il y a 20 ans, au début, c'était surtout des femmes qui avaient le cancer. Maintenant, elles sont dépassées par les femmes célibataires de 30-37 ans qui recourent à la congélation pour réduire et évincer le stress provoqué par la biologie", compare l'expert.
Jusqu'à 3.000 euros
Contrairement à la France où c'est gratuit et géré par l'État, la congélation des ovocytes est à la charge de la femme en Belgique. Il faut compter entre 2.500 et 3.000 euros pour un cycle.
"On pourrait modifier l'âge limite de la fécondation in vitro pour que le remboursement se fasse en fonction de l'âge de l'ovocyte et non de la femme. Faire une FIV à 43 ans ne sert à rien par contre faire une FIV à 43 ans avec des ovocytes congelés plus jeune a des chances d'aboutir", plaide Pr Michel De Vos, conscient qu'il y a peu de chance que la congélation des ovocytes soit en partie payée par l'État vu la situation budgétaire.