Grève bpost : malgré une reprise partielle, on n'attend pas de retour à la normale avant la fin de la semaine, "15 jours pour résorber le retard"
Le mouvement social se poursuit chez bpost, malgré quelques signes d'amélioration. Les discussions restent cruciales.

- Publié le 20-04-2026 à 16h43
Ce lundi, la situation restait tendue chez bpost. Si certains bureaux ont repris le travail, la grève est loin d'être terminée. "Il n'y a pas de reprise. La grève est toujours en cours", confirme-t-on du côté de bpost, chiffres à l'appui. "En Flandre, on a 93 % des tournées assurées. En Wallonie, on est à 46 %, ce lundi matin."
À Bruxelles, la distribution était quasiment à l'arrêt. Ailleurs, notamment à Liège, Namur et dans le Brabant, "il y a des améliorations", avec la levée de certains piquets, sans pour autant marquer un retour à la normale.
Des travailleurs en attente de garanties
Du côté syndical, l'incertitude domine. Pour Grégory Vandersmissen (CSC), la reprise dépendra de clarifications essentielles. "Certains ont décidé de reprendre le travail, d'autres non, parce qu'ils ont besoin d'éclaircissements sur plusieurs points", répète-t-il.
Parmi les principales interrogations figure la durée des accords en discussion. "Est-ce qu'ils vont jusqu'en avril 2027, jusqu'à fin 2026 ou plus loin ? Ce point n'a pas été clarifié. En conséquence, nous n'avons pas pu répondre aux travailleurs lors des assemblées", nous dit-il encore.
L'autre source d'inquiétude, c'est l'organisation du travail. "On parle d'une majorité de services qui termineraient à 17 heures, mais concrètement, quelle proportion ? Les gens veulent savoir."
Un climat de méfiance
Au-delà des aspects techniques, c'est la confiance qui est en jeu. "Les travailleurs ne comprennent pas pourquoi il a fallu deux semaines et demie d'actions pour voir le CEO revenir à la table", pointe Vandersmissen.
Il évoque aussi des engagements passés non respectés. "En 2025, des accords avaient été pris pour alléger la pénibilité du travail. Aujourd'hui, ils ne sont pas appliqués. Les tournées restent très lourdes. Le message qui revient des facteurs, c'est : "Moi, je n'en peux plus." C'est pour cela qu'ils veulent des garanties concrètes qu'ils ne voient pas dans le préaccord de jeudi."
Une issue encore incertaine
La bonne nouvelle, c'est que les discussions continuent entre syndicats et direction. Les négociations ont repris ce lundi et doivent se poursuivre dans les prochains jours. "Il y a une ouverture. Des réunions sont encore prévues ce mardi et vendredi. Si l'entreprise apporte des garanties et respecte ses engagements, les choses pourraient très vite se débloquer", estime le syndicaliste.
On comprend donc qu'il ne faut pas attendre de reprise totale avant la fin de la semaine. "Sans garanties, il sera difficile de lever les actions…"
Et puis, même en cas d'accord rapide, le retour à la normale prendra du temps. "Il faudra minimum 15 jours pour résorber le retard accumulé, prévient-il. Mais les travailleurs mettront le cœur à l'ouvrage pour rattraper la situation."