"Un mur enjardiné", "une atmosphère de tranquillité" : la nouvelle prison d'Anvers rompt avec les codes de l'établissement pénitentiaire classique
L'établissement peut accueillir 440 détenus mais il manque encore des agents pénitentiaires pour la faire tourner à plein régime.

- Publié le 02-09-2026 à 17h44

La nouvelle prison à Anvers a été inaugurée ce mercredi par Annelies Verlinden, ministre de la Justice, et Vanessa Matz, chargée de la Gestion immobilière de l'État. D'une capacité de 440 détenus, "De Kade" (le Quai), en référence aux rives de l'Escaut qu'elle surplombe, est constituée de différents bâtiments reliés par des places et des rues, loin du gigantisme des prisons traditionnelles.
Fini donc le traditionnel mur en béton, place désormais à un mur "enjardiné", peut-on lire dans la description de la régie des bâtiments. "Les détenus se rendent d'une activité à l'autre en se promenant en plein air. L'espace extérieur n'est plus considéré comme une simple toile de fond décorative mais il constitue une partie essentielle de la vie quotidienne", peut-on lire dans la description.
Le terrain de la partie habitation a été rehaussé de quatre mètres par rapport au niveau du sol initial, "de manière à rendre le mur d'enceinte qui entoure l'ensemble du site moins présent visuellement pour les détenus." Le but est de faire régner "une atmosphère de tranquillité en adéquation avec le plan de qualité esthétique de Blue Gate Antwerp (le nom donné au zoning industriel qui jouxte le site de la prison, NdlR)", précise la Régie des bâtiments.
"Le modèle innovant de campus, organisé en unités de vie à échelle humaine, favorise la vie en communauté et les liens sociaux, renforce l'autonomie des détenus et offre davantage de possibilités d'accompagnement, d'activités et de proximité entre les détenus et le personnel pénitentiaire. Notre ambition est ainsi de garantir un cadre de vie et de travail à la fois plus humain et plus sécurisé", indique Annelies Verlinden.
Précisons que des agents de gardiennage privés seront engagés pour épauler les agents pénitentiaires en sous-effectif. Ces agents privés seront toutefois affectés à des tâches qui ne nécessitent pas de contact direct avec les détenus.
Les discussions pour louer une prison en Estonie se poursuivent
En parallèle, les discussions visant à louer un établissement pénitentiaire à l'étranger se poursuivent afin de désengorger nos prisons.
Après des visites de prospection menées par les ministres Verlinden et Van Bossuyt (Asile et migration) en février, la Belgique et l'Estonie ont convenu de lancer des groupes de travail techniques. L'objectif est d'étudier la faisabilité d'un transfert basé sur le modèle économique de la Suède, qui a déjà conclu un accord de principe historique avec Tallin pour l'envoi de 300 détenus.