Olivier est mort à 12 ans, fauché par un conducteur ivre: le témoignage de sa maman désormais joint aux amendes pour excès de vitesse
À partir de la semaine prochaine, chaque automobiliste recevant un PV pour excès de vitesse se verra également transmettre le témoignage de Michelle, dont le fils Olivier est mort à l'âge de 12 ans, fauché par un conducteur ivre en 2005.

- Publié le 07-09-2026 à 16h59
- Mis à jour le 07-09-2026 à 17h00

"Perdre un enfant à cause d'un conducteur imprudent est une douleur qui ne s'efface jamais."
Michelle et Alain ont vécu le pire cauchemar de tout parent le 2 novembre 2005. Ce jour-là, il est 17 heures lorsque leur fils cadet, Olivier, 12 ans, est fauché à vélo à Gembloux alors qu'il rentrait chez lui par un automobiliste qui conduisait avec 3,55 g d'alcool dans le sang.
Le chauffard avait voulu dépasser une file de voitures bloquées à un feu rouge avant de percuter Olivier de face, ne laissant aucune chance au jeune garçon. Il s'est éteint deux heures plus tard à l'hôpital.
"À ce moment-là, c'est le cataclysme. Vous vous retrouvez dépourvus, en état de choc. La police nous avait donné une brochure sur l'association Parents d'enfants victimes de la route. Nous les avons contactés pour connaître les démarches administratives à suivre", indique Michelle, originaire de Gembloux. "Nous avons ensuite rejoint l'association afin de former davantage les policiers à l'annonce de mauvaises nouvelles, avant de mener, avec mon époux, des actions de sensibilisation dans les écoles, les entreprises et, désormais, les mouvements de jeunesse."
L'implication de Michelle et Alain va désormais un pas plus loin. À l'initiative de la ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD & V), leur témoignage sera joint à toutes les amendes pour excès de vitesse envoyées en Belgique dès la semaine prochaine. Lorsque le paiement aura été effectué, le contrevenant pourra être redirigé vers une plateforme en ligne où il pourra consulter une vidéo de sensibilisation aux excès de vitesse et à la conduite sous influence.
"Donner un sens à quelque chose qui n'en a pas"
Le témoignage joint au PV mentionne notamment ceci : "Je veux vous rappeler que la vitesse n'est pas un jeu et que les excès peuvent coûter des vies, briser des familles et provoquer des drames irréparables. Chaque fois que vous prenez le volant, pensez aux conséquences de vos actes, respectez les limitations et les règles de conduite. L'amende que vous recevez aujourd'hui est là pour vous le rappeler. La route appartient à tout le monde : agissez avec responsabilité et bienveillance, pour que plus jamais aucune famille ne vive ce que nous avons traversé."
"Par cette campagne, nous souhaitons donner un sens à quelque chose qui n'en a pas", ajoute Michelle. "Perdre un enfant, et encore plus à cause de la bêtise humaine, cela n'a aucun sens. Si cette action peut ne fût-ce que sensibiliser quelques automobilistes, c'est déjà ça. Olivier n'avait rien fait de mal, il était totalement dans son droit. Nous luttons désormais pour que ce genre de drame n'arrive plus à personne et la prévention est indispensable à cet égard"
En Belgique, un accident mortel sur trois est lié à une vitesse inadaptée. "Chaque choix que nous faisons au volant peut faire la différence entre rentrer chez soi en toute sécurité et subir une perte irréparable", conclut An Vandeborne, directrice de l'association Parents d'enfants victimes de la route.