Pas de vacances pour les négociateurs de l'Arizona: "Frank Vandenbroucke fait son Bouchez", mais tout le monde prévoit de se revoir pendant les congés
Nouvel écueil pour Bart De Wever hier soir. Vooruit demande de travailler le tableau budgétaire ligne par ligne, Les Engagés veulent un meilleur équilibre dans la répartition de l'effort. Plus que jamais, le premier ministre est sous pression.

- Publié le 23-10-2026 à 06h43

Des longs silences… mais pas de porte "des ténèbres" qui claquent. Le Kern a tourné court, hier soir au 16 rue de la Loi, mais dans une certaine retenue, à l'image du légendaire "stoïcisme" du Premier ministre Bart De Wever.
Réunis à 19h, les cinq vice-premiers ministres ont quitté les bureaux du premier ministre vers 22h30 sans parvenir à dégager un accord global sur les 10 milliards d'euros à trouver à l'horizon 2029.
"Frank Vandenbroucke fait son Bouchez"
Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) avait tué tout espoir dans l'œuf avant d'entrer en négociations. "On le savait depuis le départ. Il l'a dit et il l'a fait", commente une source gouvernementale. "Frank Vandenbroucke fait son Bouchez. Quatre partis étaient venus avec un état d'esprit constructif, celui d'aboutir à un accord. Un (Vooruit, NDLR) non."
Ce nouvel échec ne signe pas l'arrêt de mort des négociations. David Clarinval (MR) comme Maxime Prévot (Les Engagés) refusaient tout fatalisme à l'issue de la réunion même si, pour ce dernier, "il y a beaucoup de choses qui, aujourd'hui, m'indisposent". "Pour pouvoir assainir la maison Belgique, il faut d'abord s'accorder sur les murs porteurs ou les plafonds, et quelle est leur épaisseur respective. C'est là où nous avons des divergences. On n'a même pas encore débattu du détail de la couleur des murs ou des carrelages", a déclaré le ministre des Affaires étrangères.
Qui pointe un déséquilibre dans l'effort demandé dans les soins de santé. "Ça ne veut pas dire que des efforts sont impossibles, mais ils doivent être justes, et il faut pouvoir mettre à contribution celles et ceux qui ont plus de largesses et d'aisances financières". Il ne croit néanmoins pas que "ce gouvernement est en crise" mais assure que l'Arizona "doit assumer, en sachant que nous allons être critiqués dans le court terme, mais nous allons avec nos choix servir les intérêts de notre population dans le long terme."
"Nous en sommes encore au déplacement du curseur"
Son homologue en charge de l'Économie s'affichait quant à lui "constructif" même s'il reconnaissait qu'il y avait encore "beaucoup de travail". "Nous travaillons à un bon accord pour le pays. Le MR est constant : il fait soutenir l'activité et ne pas abîmer le pouvoir d'achat. Les dépenses évoluent trop rapidement cela nous met dans une situation budgétaire insoutenable. Cela impose de faire des choix difficiles mais nécessaires."

En clair, les vraies négociations n'ont pas encore commencé, déplorent plusieurs partis de la majorité. "Nous en sommes encore au déplacement du curseur" alors que la Belgique est dans une situation financière plus que délicate. Le taux auquel la Belgique emprunte pour financer ses politiques est désormais plus élevé que celui de la Grèce (4,41 % contre 4,40 %) : une première depuis 2008. Tandis que la dette publique atteint 110,2 % du PIB. Seuls trois pays affichent un ratio d'endettement plus élevé dans la zone Euro : La Grèce, l'Italie et la France.
"La proposition globale est équilibrée, elle ne changera pas"
Bart De Wever refuse de se laisser entraîner dans la spirale de la France. Mais garde la mesure sur l'issue des négociations. "Le Kern a convenu ce soir (hier, NDLR) d'examiner, dans les prochains jours, le tableau budgétaire ligne par ligne et dans le détail, afin de parvenir à un accord dans les meilleurs délais. Les membres du Kern se tiennent disponibles durant la semaine de relâche parlementaire afin de poursuivre les travaux", a commenté son cabinet hier soir à la sortie de la réunion. Il a gardé la même ligne en séance plénière hier (lire ci-contre).
Désormais, les "techniciens" vont passer le tableau à la moulinette pour tenter de dégager des pistes de solutions suffisamment convaincantes aux yeux de Frank Vandenbroucke et de Maxime Prévot. Ces ajustements resteront néanmoins "à la marge", note une source gouvernementale. "La proposition globale est équilibrée, elle ne changera pas." Elle nécessite par contre un fameux "fine tuning" pour convaincre les partis de l'Arizona. Leur chef de file se donne les congés de la Toussaint pour réunir une énième fois ses partenaires autour de la table des négociations et accoucher d'un accord au début du mois de novembre. De quoi permettre d'éviter les douzièmes provisoires.