A trois minimum dans la voiture et pas à plus de 50 km/h: la bande de covoiturage vers Bruxelles qui… s'arrête en Flandre, c'est parti
Le projet débute ce mardi en Wallonie. Ce sera sans la Flandre : "Ben Weyts n'y est pas favorable."

- Publié le 07-05-2019 à 06h32
- Mis à jour le 07-05-2019 à 14h15

Le projet débute ce mardi en Wallonie. Ce sera sans la Flandre : "Ben Weyts n'y est pas favorable." Des bandes de circulation dédiées au covoiturage seront inaugurées et ouvertes à la circulation ce mardi sur la E411. Elles partiront de Wavre et d'Arlon (voir encadré).
Un bémol subsiste. Il est de taille pour les automobilistes qui se rendent à Bruxelles. Ainsi, ceux qui emprunteront le tronçon à partir de Wavre sur cette bande dédiée aux véhicules de plus de trois personnes devront se réinsérer sur les bandes classiques après Rosières. Ou plutôt en entrant à Overijse, en territoire flamand. C'est d'autant plus regrettable que c'est généralement passé cette hauteur que débutent les embouteillages, tandis que le trafic se révèle plutôt fluide sur le tronçon wallon. Aberrant ? Belge.
Rappelons que quatre ministres se partagent l'autorité sur ce tronçon de 17 km d'un d'accès vital à Bruxelles. L'un deux, Ben Weyts (N-VA), ministre de la Mobilité, vient de porter un coup très dur au projet de son homologue wallon, Carlo Di Antonio (CDH).
"Il n'est actuellement pas prévu de prolonger la voie réservée au covoiturage d'Overijse à Bruxelles", nous assure Michaël Devoldere, porte-parole de Ben Weyts. "Le ministre n'est pas en faveur des voies de covoiturage. Des agents de police devront être utilisés pour vérifier si la voie réservée est uniquement utilisée par des voitures de covoiturage. De plus, les taxis, les motards ou les bus voudront ensuite également leur propre voie".
Le ministre avait déjà détaillé son propos alors qu'il était interpellé à ce sujet en commission Mobilité du Parlement flamand . "Avec ce projet, nous devrions utiliser les capacités de la police pour savoir s'il y a des personnes en chair et en os dans les voitures. Et pas des poupées en carton ! La sécurité est un autre problème. Par exemple, si des véhicules plus lents ou à l'arrêt seront dépassés par la droite par les covoitureurs à une vitesse supérieure. […] Les exemples concrets vus à l'étranger ne sont pas non plus concluants. Les Pays-Bas ont été des pionniers en la matière. Mais ils en sont revenus."
Bien qu'il trouve le principe général "très intéressant ", Weyts réfère focaliser les efforts sur un autre dispositif : la redevance kilométrique intelligente.
"Pour les voitures particulières, il s'agit de l'incitant absolu au covoiturage. Ce serait beaucoup plus efficace", conclut-il.
À la fin janvier , Carlo Di Antonio avait pourtant affirmé avoir "de bonnes raisons de penser que nous pourrons aboutir à un accord dans les prochaines semaines". La position de Ben Weyts s'est visiblement clarifiée depuis lors.
"On souhaite évidemment que le projet de bande covoiturage se poursuive côté flamand. Mais on ne peut pas le leur imposer", commente François Dubru, porte-parole du ministre wallon de la Mobilité, qui ne partage évidemment pas les réserves de son homologue flamand.
Tout n'est cependant pas perdu. Le projet wallon est sur les rails. Et le prochain gouvernement flamand, après les élections, se trouvera peut-être dans de meilleures dispositions quant à ce projet destiné à améliorer la mobilité des Wallons comme des Flamands. Le même scénario s'était déroulé par le passé concernant la bande de bus.
Reste que ces 17 kilomètres entre Wavre et le viaduc Herrman Debroux illustrent à merveille les absurdités dont peut accoucher le système politique belge et le morcellement des compétences.

3 personnes minimum et 50 km/h max
L'ouverture de la bande de covoiturage débutera de manière synchrone sur le tronçon entre Wavre et Overijse et entre Arlon et Sterpenich. Il s'agit d'un projet pilote qui, en cas de succès, pourrait être étendu à d'autres autoroutes. En pratique, les panneaux (C5, excepté 3 +) de signalisation étaient encore en cours d'installation sur les bandes de la E411. "Mais ils sont actuellement masqués", nous précisait hier le cabinet Di Antonio.
Ces panneaux autoriseront les véhicules chargés d'au moins trois personnes à circuler sur la bande de droite, actuellement réservée exclusivement aux taxis et aux bus.
La vitesse sur cette bande sera limitée à 50 km/h. Cette vitesse a été fixée afin d'éviter un différentiel trop important avec les autres bandes de circulation, en condition d'embouteillage.
Des caméras programmées pour reconnaître le nombre de personnes à l'intérieur vérifieront que les automobilistes ne fraudent pas. Ces caméras sont reliées au centre Perex où des agents auront ensuite accès à ces images. Les personnes qui tentent de circuler sur cette bande alors que leur véhicule n'est pas occupé par au moins trois personnes s'exposent à une amende de 58 €.