Vers la fin des stages non rémunérés ? Une campagne milite dans ce sens
L'Union syndicale enseignante souhaite mettre fin aux stages non rémunérés.
- Publié le 08-04-2019 à 06h42
- Mis à jour le 08-04-2019 à 07h39

L'Union syndicale enseignante souhaite mettre fin aux stages non rémunérés. L'Union syndicale étudiante (USE), une organisation syndicale étudiante qui dépend des Jeunes FGTB lance une campagne qui milite et défend la fin des stages non rémunérés.
"Nous nous positionnons en faveur d'une rémunération de tous les stages, quel que soit le niveau d'études et le secteur. Pendant un stage, l'étudiant effectue généralement les mêmes tâches que les employés. La seule différence, c'est qu'il ne touche rien pour son travail. C'est du travail gratuit et pour nous, ça ne va pas !", explique Merlin Gillard, l'un des membres de l'Union syndicale.
"De nombreux étudiants se trouvent dans une situation précaire. Ils n'ont pas forcément de revenu alors qu'on leur demande de travailler pour leurs cours, leurs stages… Tout ça ne leur laisse pas forcément le temps de faire un job étudiant à côté. Les étudiants contribuent à la recherche académique, ce serait intéressant d'imaginer un moyen de les rétribuer pour cette contribution", revendique-t-il.
En ligne de mire de cette campagne : les entreprises qui fonctionnent essentiellement avec des stagiaires.
"De nombreuses boîtes comportent plus de stagiaires que d'employés ! Ils enchaînent les stagiaires. Il y a quelque chose d'hypocrite dans cette situation. Si les étudiants étaient rémunérés, ça permettrait aussi de ne pas créer de situation de concurrence avec les employés."
Pour cette campagne, l'USE s'est largement inspirée de ce qui se passe au Québec depuis un an.
"Au Québec, ça fait un an qu'il y a une grève des stages. On a décidé de s'en inspirer car ça commence à fonctionner. On estime que tout travaille mérite salaire. Il n'y a pas de raison que ce soit différent pour les étudiants. Les employeurs profitent de cette main-d'œuvre gratuite. Par ailleurs, on se rend compte qu'il s'agit aussi d'un combat pour plus d'égalité entre les hommes et les femmes. On a constaté que les secteurs qui font le plus appel à des stagiaires sont ceux des soins aux personnes, qui restent des métiers essentiellement féminins", ajoute Marie Bélanger, autre membre de l'USE).
