Iran-Israël-USA : le pari risqué de Netanyahu
Pour motiver l'attaque d'Israël sur l'Iran, un seul justificatif officiel est invoqué par le Premier ministre israélien : empêcher les mollahs de mettre la main sur la bombe atomique. Mais derrière ce narratif, d'autres agendas se superposent... Dont un, particulièrement audacieux. L'Edito.

- Publié le 18-06-2025 à 19h37
- Mis à jour le 19-06-2025 à 09h15

Alors que les roquettes pleuvent toujours entre Israël et l'Iran, une autre guerre se joue en coulisses : celle du narratif. Officiellement, Netanyahu a attaqué l'Iran, avant que celui-ci ne réplique avec vigeur, pour empêcher la menace nucléaire iranienne de naître. Cette justification "existentielle" maquille sans doute, aussi, un agenda plus cynique : élargir le conflit pour étouffer l'indignation mondiale et légitime sur Gaza, ainsi que la diplomatie occidentale (l'initiative de Macron, à l'ONU, pour la reconnaissance de l'Etat palestinien, a été reportée). Enfin, ce nouveau front détourne l'attention de la crise politique intérieure israélienne, réelle.
Côté américain, Donald Trump hésite. Son dilemme : suivre son socle électoral MAGA, qui l'a élu pour que le prix de l'essence baisse et que l'Amérique cesse d'intervenir dans les bourbiers du Moyen-Orient ; ou rester fidèle à l'alliance historique avec Israël. Cornélien… À date, il temporise. Et laisse Netanyahu jouer son va-tout: il rêve d'une chute du régime en Iran, par le soulèvement du peuple. Miser sur la grandeur des Perses, très majoritairement (80 %) opposés à leurs bourreaux mollahs, capitaliser sur leur soif de liberté retrouvée après 45 ans d'obscurantisme islamique : le pari est très risqué. Mais pas 100 % insensé.