À cause de Bruxelles, le PS ne pourra peut-être pas mettre un Olivier en place en Wallonie
Le parti de Paul Magnette perd du terrain dans la capitale et pas qu'un peu.
- Publié le 25-04-2024 à 21h42
- Mis à jour le 26-04-2024 à 09h29
Les scores du PS dans notre sondage sont pour le moins contrastés. En Wallonie, le parti enregistre une baisse par rapport au précédent sondage, mais il reste dans la marge d'erreur et ne passe pas en dessous des 25 % d'intentions de vote, laissant le MR à une distance raisonnable. À Bruxelles par contre, c'est la déconvenue puisque le parti occupe la troisième place derrière le MR qui caracole en tête et derrière Écolo. Et il sent le souffle du PTB dans sa nuque. Les écologistes, les socialistes et les communistes sont cependant dans un mouchoir de poche. Si les résultats du sondage sont plus ou moins respectés, le PS pourrait donc se retrouver deuxième dans la capitale le soir des élections.
Le parti est-il en mesure de rattraper le MR et de lui ravir la première place ? Il est déjà arrivé, lors de scrutins antérieurs, que le MR soit donné gagnant dans les sondages, mais se soit retrouvé derrière les socialistes à Bruxelles au décompte des voix. L'écart qui est affiché dans le baromètre La Libre-RTBF semble cependant trop grand pour pouvoir être comblé. Néanmoins, on connaît la capacité des socialistes à mobiliser leurs électeurs en fin de course.
Le PS est au pouvoir sans discontinuer à Bruxelles depuis la création de la région. Une certaine usure semble donc se marquer. D'autant que l'image de l'actuel ministre-Président Rudi Vervoort n'est pas aussi bonne que celle de son prédécesseur, Charles Picqué. Le PS n'est d'ailleurs pas le seul à souffrir de sa participation au pouvoir. Défi se ramasse dans le sondage et les écologistes, s'ils ne s'écroulent pas, cèdent du terrain par rapport à leur score au scrutin de 2019. Le prix du pouvoir sans doute pour ces trois-là face à un MR qui végète depuis longtemps dans l'opposition. En cas de mauvais résultats, le président de la Fédération bruxelloise Ahmed Laaouej en payera sans doute les pots cassés.
Celui qui arrive en tête mène les négociations
Sachant que, par tradition, c'est le parti arrivé en tête qui prend la direction des négociations régionales au lendemain d'un scrutin, le PS doit absolument conserver la première position dans au moins une des deux Régions pour assurer sa participation au pouvoir à Bruxelles et en Wallonie. La garantie n'est pas totale. En 2009, Écolo et le CDH avaient lié leur destin au lendemain du scrutin et avaient ainsi pu choisir avec lequel des deux plus grands partis wallons – PS et MR – ils partageraient le pouvoir (ce fut le PS).
Si la coutume du sondage est respectée, et si le PS est aux manettes en Wallonie et le MR à Bruxelles, on peut imaginer que les libéraux auront les moyens de forcer leur entrée dans l'exécutif wallon où Paul Magnette rêve de réinstaller un Olivier (PS, Écolo et Les Engagés).
Dans quelques semaines, nous y verrons plus clair.
Fiche technique
Cette enquête d'opinion a été réalisée par l'institut Kantar via un sondage en ligne du 8 au 18 avril auprès de 1004 électeurs habitant en Wallonie, 1016 électeurs habitant en Flandre et 807 électeurs habitant à Bruxelles ayant le droit de vote aux élections nationales de 2024. Leur représentativité a été pondérée en fonction de la population belge selon l'âge, le niveau d'éducation, le statut professionnel et la province. La marge d'erreur maximale est de 3,1 % en Wallonie et en Flandre et de 3,5% à Bruxelles.