Au deuxième rang, cachées, dans l'ombre : comment expliquer l'" invisibilisation" des femmes sur la première photo du nouveau gouvernement fédéral ?
La place des femmes au sein du nouvel exécutif fédéral – tant en termes numériques qu'au regard de leur position sur la photo officielle du gouvernement – n'a pas fini de faire parler.

- Publié le 04-02-2025 à 10h47

Lundi matin, les membres du gouvernement De Wever ont prêté serment en présence du Roi. Le casting fédéral a cependant été rapidement critiqué par l'opposition pour sa faible proportion de femmes. Onze ministres fédéraux sur un total de quinze sont des hommes, une réalité qui s'explique par la composition des gouvernements wallon, francophone et flamand.
Mais au-delà de la composition même de l'exécutif, la présentation de la première photo du nouveau gouvernement fédéral a, elle aussi, fait couler beaucoup d'encre. Et pour cause, outre leur nombre réduit, les femmes seraient également "invisibilisées" du cliché puisque placées au deuxième et dernier rang, dans l'ombre, voire cachées par leurs collègues masculins pour certaines.
Des ministres à peine visibles
Sur la photo ci-dessous, la ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME Éléonore Simonet (MR) – située tout à droite de l'image, derrière Jan Jambon – et Anneleen Van Bossuyt (N-VA), quant à elle à la tête du département Asile et Migration – placée juste à sa gauche, derrière Frank Vandenbroucke – sont à peine visibles. Grâce à sa taille, leur collègue Annelies Verlinden (CD&V), ministre de la Justice – au centre de la photo, derrière le Roi – s'en sort un peu mieux, tout comme Vanessa Matz (Les Engagés), ministre de la Modernisation publique – qui profite d'un écart entre David Clarinval et Frank Vandenbroucke.

Un protocole bien précis
Comment expliquer ce qui est reproché à cette image ? Comme le rappellent nos confrères du Soir, "la position sur la photo répond aux habituelles règles du protocole". Au premier rang, l'on retrouve évidemment le Premier ministre (Bart De Wever) placé à la droite du Roi, mais également ses cinq vice-Premiers ministres, répartis dans un ordre bien particulier dépendant du poids électoral de leur parti. Ils sont alors positionnés en alternance à la gauche puis à la droite du Roi selon ce critère. En tant que premier parti, le MR permet donc à David Clarinval d'obtenir sa place à la gauche du Souverain, suivi de Maxime Prévot (Les Engagés), Frank Vandenbroucke (Vooruit) et Vincent Van Peteghem (CD&V). A cela s'ajoute une exception, Bart De Wever (N-VA) occupant déjà la place d'honneur, le nationaliste flamand Jan Jambon est quant à lui relégué à la "dernière".
Le deuxième rang fonctionne différemment. Y sont placées au centre "les personnes qui ont déjà une expérience ministérielle fédérale", telles qu'Annelies Verlinden, Bernard Quintin et Theo Francken. Ceux qui ne remplissent pas ce critère sont quant à eux répartis hors de ce noyau, encadrés par les plus jeunes membres de l'exécutif – Éléonore Simonet et Mathieu Bihet – aux deux extrémités.
Protocole ou non, subsiste toutefois la question de la visibilité de chacun de ces membres, qui auraient peut-être pu bénéficier d'un meilleur ajustement de leur placement dans leur rang, voire d'une lumière plus adaptée.