DéFi: "Nous sommes de droite, mais progressistes sur les matières sociales. Et voici pourquoi on souhaite s'étendre en Wallonie aux élections!"
Rencontre avec Daniel Soudant, président wallon du parti Amarante, qui lance de nombreuses listes en Wallonie. Leur propre définition en deux mots: "de droite, mais progressiste sur les matières sociales".

- Publié le 24-05-2024 à 16h06
"L'historique de Défi, c'est de défendre les francophones bruxellois. On s'est séparé du MR sur la question de Bruxelles-Hal-Vilvoorde. Mais aujourd'hui, on s'étend sur tout le territoire, pour tous les francophones, qu'ils soient en Wallonie, à Bruxelles ou en Flandre. On nous reproche souvent d'être un parti bruxellois, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui: 40% de nos militants sont wallons, et nous nous présentons partout aux élections régionales et fédérales", dit en guise d'introduction Daniel Soudan, confortablement installé sourire aux lèvres sur une chaise de ce café bien en vue du centre-ville de Châtelet, où il habite.
Défendre les francophones, vouloir la parité linguistique partout, réformer le sénat pour avoir une parité de sénateurs... est-ce de l'équité ou de la justice quand les Flamands sont presque deux fois plus nombreux que les Wallons? "Alors il faudrait aussi parler de la représentativité des Flamands à Bruxelles...", rétorque Daniel Soudan. "Si on veut construire ensemble, il ne faut pas jouer le bras de fer tout le temps. Mais au contraire, préserver notre unité et nos acquis belges. On entend beaucoup parler les Flamands de transferts nord-sud, notamment pour la sécurité sociale, mais on ne les entend plus sur la réforme des retraites, où là c'est un véritable transfert sud-nord qui se fait (NdlR: ~1,4 millions de retraités flamands vs. 680.000 wallons). Attention, je ne dis pas ça parce que Défi serait anti-flamands, ce n'est pas du tout le cas. Par contre, nous sommes anti-flamingants et anti-nationalistes. Fédéralistes, en fait."
Donc, s'étendre en Wallonie pour représenter les francophones. Pourquoi? "Et pourquoi pas?" répond malicieusement notre interlocuteur, entre deux gorgées de Pepsi. "Plus sérieusement, quand on fait l'analyse: tous les partis ont été au pouvoir d'une façon ou d'une autre, et le PS plus que n'importe qui d'autre. Et je vois les promesses de campagne... mais je me demande pourquoi ne pas avoir fait tout ça pendant qu'ils étaient dans un gouvernement? Défi a une vision différente de ce que proposent les autres: il y a des partis de droite, de gauche - et les Engagés mais on ne sait pas trop où ils se situent - mais rien ne change. Et les gens sont fatigués de ces promesses. C'est pour ça que Défi veut proposer quelque chose de différent : plutôt de droite sur toutes les matières régaliennes (impôts, administration, police, etc.) mais progressiste sur les matières sociales. Parce que pour nous, le libéralisme est progressiste. C'est d'ailleurs pour ça qu'à titre personnel j'ai quitté le MR, parce que le libéralisme social de Louis Michel a disparu, il a fondu."
Défi veut donc être l'alternative: "dans le choix électoral des Wallons, il y aura les quatre partis traditionnels (NdlR: MR-PS-Ecolo-Engagés), et à côté le PTB et Défi. Mais le PTB, c'est la démagogie: on dit tout et n'importe, à l'image de leur jumeau les Insoumis de Mélenchon. Les gens peuvent être séduits, et je le comprends, parce qu'il y a le même discours depuis 50 ans sans que rien ne change... mais nous voulons être l'alternative réaliser, avec des plans pour financer nos propositions. Et évidemment, on ne dit pas qu'on détient la vérité, ou que tout ce que font les autres est mauvais, mais on pense avoir des propositions efficaces et crédibles."