Dutroux avec ou sans Nihoul ?
- Publié le 17-01-2003 à 06h00
NEUFCHATEAU En toute théorie, ils sont quatorze, ce vendredi, à attendre l'ordonnance de Francis Moinet. Le président de la chambre du conseil doit dire qui, des 14 inculpés de la première heure, devra répondre devant la cour d'assises. En toute théorie car, pour 11 d'entre eux, le procureur Bourlet, lors de son réquisitoire devant la chambre du conseil, a admis le non-lieu. Parmi ceux-ci, entre autres, Michaël Diakostavrianos; Marlène De Coockere, la compagne de Michel Nihoul; Annie Bouty; Georges Zicot, le policier qui, en revanche, reste inculpé à Nivelles...
Ce vendredi, l'ordonnance pour le renvoi devant les assises du trio Dutroux-Martin-Lelièvre ne fait pas l'ombre d'un doute. Ils sont toujours incarcérés et devront répondre des faits gravissimes comme les enlèvements, la séquestration, les viols, les meurtres, Dutroux accumulant évidement le plus d'accusations.
Dans la mesure où le trio n'a aucune illusion à se faire sur son avenir judiciaire, c'est sur Michel Nihoul que se focalisera, ce vendredi, toute l'attention. Une question : non-lieu ou pas non-lieu pour le Bruxellois ? Faut-il rappeler que Nihoul plaide non coupable depuis la première heure. L'ennui, c'est qu'il a multiplié les contacts avec Dutroux dans les jours qui ont suivi l'enlèvement de Laetitia, en août 1996. Le procureur Bourlet accable Nihoul: il demande son renvoi devant les assises comme membre d'une association de malfaiteurs créée pour l'enlèvement d'enfants, mais aussi pour des tentatives d'enlèvement dans la région liégeoise. Par contre, le juge Langlois n'a jamais inculpé le Bruxellois. Aussi, le président Moinet se retrouve-t-il devant un délicat dilemme: suivre le procureur ou le juge d'instruction?
Cela dit, Marc Verwilghen, le ministre de la Justice qui, on le sait, a toujours suivi de très près le dossier, n'exclut déjà pas un deuxième procès d'assises, basé sur de nouveaux éléments qui émargeraient du premier.
© La Dernière Heure 2003
