"Je voulais tuer Chirac"

Ph. Bt

Assises de Paris: l'accusé est un facho démoniaque
PARIS Hier, 14 h, l'audience de la cour d'assises de Paris est ouverte. Dans le box, Maxime Brunerie, un facho de 27 ans. Il est accusé d'une tentative d'assassinat au préjudice du président français, Jacques Chirac.

"Je me nomme Maxime Brunerie. Je suis étudiant", a sobrement déclaré l'accusé au début de l'audience.

Le 14 juillet 2002, sur les Champs Elysées, le défilé militaire rassemble une foule immense. Dans le tas, Maxime Brunerie. Il porte un étui à guitare. À l'intérieur, pas une Gibson. Non, un fusil 22 long rifle, acquis le 6 juillet, soit 8 jours plus tôt.

Il est 9 h 50. Jacques Chirac se trouve dans une voiture ouverte, circulant sur le rond-point de l'Étoile, au bout des Champs. Brunerie se trouve à moins de 20 mètres du président. Il sort sa 22 long et pointe Jacques Chirac. Brunerie presse sur la détente.

Si Chirac n'a pas été atteint, c'est grâce à un badaud qui a bousculé Brunerie. La balle passe à côté du président. Constatant son échec, Brunerie tente de retourner l'arme contre lui. Plusieurs spectateurs sautent sur lui et l'immobilisent. Une demi-heure plus tard, il avoue son geste aux forces de l'ordre.

L'enquête révèle que Brunerie est un sympathisant de l'extrême droite. Il était notamment le trésorier d'un groupe Skinhead baptisé 3B. Entendez par là Baise, bière, baston. Le ton est donné. On sait également que Maxime Brunerie était supporter du Paris-Saint-Germain, dont une partie des fans ne cache pas leurs penchants extrémistes.

Brunerie est poursuivi pour tentative d'assassinat. Il risque la réclusion à perpétuité. L'accusation estime qu'il y a préméditation, en raison d'un message de Brunerie laissé sur Internet disant ceci: "Regardez la télévision dimanche. La star, ce sera moi! Mort au ZOG! 88!" Pour Brunerie et ses petits copains aux idées arriérées, ZOG signifie Zionist Occupation government, soit gouvernement sioniste d'occupation. Et 88, c'est la signature rappelant la huitième lettre de l'alphabet, le h, signifiant Heil Hitler. L'avocat de la défense, Me Pierre Andrieu, va plaider l'acquittement en estimant que "les facultés mentales de Brunerie sont altérées mais pas abolies ".

Jacques Chirac, lui, ne s'est pas constitué partie civile lors de l'instruction et ne se fera pas davantage représenter à l'audience. Il souhaite en effet que le parquet général, dont il détient le pouvoir de nomination, puisse requérir dans ses intérêts. Le verdict sera connu vendredi.

© La Dernière Heure 2004

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