Daniel Féret en référé
- Publié le 28-07-2006 à 08h15
Le président du Front National accusé par trois membres de son parti de puiser dans les caisses
BRUXELLES Lundi prochain, le tribunal de première instance de Bruxelles siégeant en référé entendra les plaidoiries des réformateurs du Front national qui veulent depuis plusieurs mois contrôler la gestion de l'asbl qui perçoit l'argent public dans le cadre du financement public du Front National. Daniel Féret y exposera lui aussi ses arguments, prétendant n'afficher aucune volonté de soustraire la comptabilité au contrôle légitime des membres effectifs de l'association.
Lors de l'approbation des comptes de l'asbl, en avril dernier, deux membres (Patrick Sessler et Jean-Pierre Borbouse) s'étaient abstenus, tandis que Emanuele Licari di Castel Mola était absent. Ce sont précisément ces trois membres qui ont porté plainte contre Daniel Féret, qu'ils accusent d'avoir puisé dans les caisses du FN à des fins personnelles.
Jamais, les requérants n'ont obtenu réponses à leurs interrogations quant à l'ampleur de certains frais généraux, Daniel Féret arguant que la désignation d'un commissaire aux comptes le dispensait de mettre les pièces comptables à disposition de ceux qui les demandaient.
Les requérants ont alors demandé à ce qu'une assemblée extraordinaire soit convoquée afin de pouvoir questionner ledit commissaire. Ils reçurent, en réponse, une convocation à une assemblée extraordinaire… dont l'objet du jour était l'exclusion de Patrick Sessler.
Si les requérants souhaitent quelques éclaircissements quant à la gestion c'est qu'ils s'étonnent de voir qu'un placement de 250.000 euros a été effectué. Une somme qui aurait été retirée des comptes de l'asbl sans justification et sans consultation du conseil d'administration.
D'après les requérants, il s'agirait d'un prêt octroyé à un taux plus que préférentiel, – on cite un taux de 4 % –, à la compagne de Daniel Féret (Audrey Rorive). Ils avancent également que ces 250.000 euros auraient servi à l'achat de sa nouvelle villa au Cap d'Agde. De plus, Audrey Rorive n'aurait apporté aucune garantie de nature à protéger le prêteur, ce qui pourrait organiser son insolvabilité. Abus de confiance et abus de biens sociaux ? C'est désormais au tribunal d'en décider…
