"Interpellation symbolique"

Gil.

Le gestapiste n'a exprimé aucun regret

BRUXELLES "2.500 personnes environ ont été déportées par les soins de ces messieurs et bon nombre d'entre elles sont décédées en Allemagne." Le 8 mars 1946, c'est ce que relate la presse au procès de la Werbestelle de La Louvière qui s'ouvre devant le conseil de guerre de Charleroi. Sur les bancs, 26 prévenus, dont une majorité de femmes et même une infirmière.

La plupart avaient entre et 17 et 22 ans au début de la guerre. Les journalistes relatent comment une certaine Renée était "l'amie de plusieurs officiers allemands auxquels elle dénonçait des patriotes réfractaires qui furent arrêtés et torturés en sa présence" .

À la même page, le journal publie l'avis de décès, dont la famille vient seulement d'être informée (mars 1946), d'un "M. Marcel Goffin, dénoncé à l'ennemi et pris par la Gestapo le 22 juin 1944, mort en martyr pour la Patrie au camp d'extermination de Mauthausen, Autriche, le 25 février 1945, à l'âge de 27 ans".

Marcel Goffin provenait de Gilly où peut-être Grand Blond avec son Revolver sévissait.

Nous avons sous les yeux la décision, confirmée en appel le 28 février 1947, par laquelle le conseil de guerre "condamne Van Aerschodt, Paul, à la PEINE DE MORT" , et dit que "l'exécution aura lieu publiquement à Charleroi".

Le parquet fédéral exprime que cette "interpellation symbolique" , 52 ans après, a eu l'effet de montrer que la Belgique n'avait pas oublié, et de rappeler à Van Aerschodt qu'on savait très bien ce qui s'était passé.

Relâché au bout de 24 heures, GBR a prétendu qu'il avait été condamné à mort sur de fausses informations. Nous n'avons pas connaissance de regrets exprimés.



© La Dernière Heure 2009

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