13 suicides dans les prisons en 2012

F. Sc.

47 décès ont été comptabilisés dans les prisons. Les agents sont davantage formés pour faire face à des personnes dépressives

BRUXELLES Chaque année, des détenus succombent dans les cellules des prisons belges. Les causes des décès en prison sont multiples : suicides, maladies ou encore vieillesse.

En 2012, l'administration pénitentiaire a comptabilisé 13 suicides sur un total de 47 décès, contre 12 en 2011 (et 49 décès) et 20 en 2010. Rappelons qu'il y a actuellement 11.800 personnes derrière les barreaux.

Le taux de suicide, en 2012, était donc d'un peu plus d'un détenu sur 1.000, soit bien plus que le taux de suicide dans toute la population belge (19 pour 100.000, soit 0,19 pour 1.000).

Les prisons constituent-elles un milieu suicidogène ?  Nombre de spécialistes croient en effet qu'isolés du monde extérieur, les prisonniers, souffrant de privations, d'humiliations, d'une perte d'identité et d'une dégradation de l'image de soi, seraient plus enclins à mettre fin à leurs jours…

Le temps en détention, répétitif et monotone, mais aussi la perte d'autonomie favorisent aussi l'apparition de pensées négatives… L'administration pénitentiaire, par la prévention, essaie de lutter contre la problématique (voir ci-contre).

"Mais il n'y a pas de tendance générale concernant les statistiques de suicides, détaille Laurent Sempot, porte-parole de l'administration pénitentiaire. En 2008, nous avions relevé 15 suicides, alors qu'il y avait 2.000 détenus de moins qu'actuellement. C'est, certes, un problème qu'on prend au sérieux. Mais malgré la surpopulation, ces chiffres restent relativement stables."

Par ailleurs, il y eut en tout 34 autres décès. "Certains sont déjà mal en point à leur arrivée et ne sont pas physiquement aptes à survivre dans des conditions d'incarcération , continue notre interlocuteur. Je pense, par exemple, aux héroïnomanes lourds parfois tellement affaiblis qu'ils vivent moins longtemps. Il y a aussi ceux qui meurent d'un cancer ou font un arrêt cardiaque. Ce n'est donc pas pas ici une question de manque de soins."

Chaque décès, lorsqu'il survient, est analysé par un légiste qui conclut à la cause naturelle ou au suicide.



© La Dernière Heure 2013

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