Nihoul attaque son avocat du procès Dutroux
Il voulait faire condamner la Belgique à Strasbourg à lui verser une belle indemnité.
- Publié le 10-04-2014 à 18h17
- Mis à jour le 10-04-2014 à 20h07
Il voulait faire condamner la Belgique à Strasbourg à lui verser une belle indemnité. Dix ans après le procès d'Arlon, Michel Nihoul cite devant le tribunal civil de Bruxelles l'assureur de son avocat de l'époque, Me Frédéric Clément de Cléty.
Nihoul reproche à l'avocat de n'avoir pas entrepris plusieurs procédures avec enjeux financiers après le procès Dutroux. Une procédure devant la Cour européenne des droits de l'homme visait à faire condamner la Belgique pour détention préventive dépassant les délais raisonnables. Une autre en responsabilité civile visait un journaliste pour le contenu de ses articles avant et pendant le procès d'Arlon.
Nihoul, contacté hier, confirme qu'une procédure est lancée devant le tribunal civil de Bruxelles. Nihoul sera défendu par Me Pierre Chomé, professeur de droit à l'ULB.
Pour sa part, Me Frédéric Clément de Cléty conteste toute faute. Son assureur Ethias est défendu par l'avocat Marc Snoeck.
La procédure devant la Cour européenne des droits de l'homme est celle qui a permis à Michel Lelièvre de faire condamner la Belgique en 2007 à lui verser 6.000 euros pour la durée de sa détention préventive.
Selon Nihoul, si Lelièvre condamné à 25 ans à Arlon pour avoir été l'homme à tout faire de Dutroux a obtenu gain de cause à Strasbourg, lui qui n'a pas été condamné dans l'affaire Dutroux devait obtenir la même condamnation de la Belgique et un montant forcément plus important que 6.000 euros.
Michel Nihoul affirme que Me Clément de Cléty l'avait assuré avoir fait le nécessaire pour les deux procès.
N'entendant parler de rien après autant d'années, Nihoul a demandé à l'avocat où en étaient ces procès contre l'État belge à Strasbourg et contre le journaliste à Bruxelles.
Michel Nihoul dit avoir appris ainsi que rien n'avait été fait.
Entre-temps, les délais sont largement écoulés. Pour Strasbourg, son avocat aurait dû introduire le recours au plus tard le 22 décembre 2004.
Me Frédéric de Cléty répond qu'il n'était tout simplement plus l'avocat de Michel Nihoul après le procès d'Arlon.
La justice tranchera. L'enjeu financier est important. L'affaire est introduite devant le tribunal civil. Le calendrier est fixé, y compris les dates de plaidoiries des avocats de Nihoul et d'Ethias.