Joaquin, 10 ans, empoisonné par sa maman à Genappe: "Je savais que ça allait se produire" confesse le papa
Le drame est survenu dimanche. Malgré l'arrivée rapide des secours, Joaquin n'a pas survécu. Sa sœur Mégane, de deux ans son aînée, est toujours plongée dans le coma tandis que l'auteure des faits était aux soins intensifs. La papa, Joachim Gonzalez, dénonce pour la DH le laxisme dont les autorités judiciaires auraient fait preuve.
- Publié le 01-03-2016 à 07h14
- Mis à jour le 01-03-2016 à 07h21

Joachim Gonzalez dénonce le laxisme dont les autorités judiciaires auraient fait preuve. C'est un homme complètement anéanti que nous sommes parvenus à joindre, lundi après-midi. Au lendemain du terrible drame qui a coûté la vie à son fils Joaquin, âgé de 10 ans, Joaquim Gonzalez a tenu à exprimer toute la douleur qui l'opprime actuellement. "Je suis complètement effondré", nous a-t-il confié, la voix pleine de douloureux sanglots. "Elle m'a volé mon fils, ils m'ont volé mon fils."
Habitant aujourd'hui du côté de Bruxelles, Joaquim a appris avec effroi le geste meurtrier posé par son ex-compagne. Selon les premiers éléments de l'enquête, Maïté Levêque aurait empoisonné ses enfants avant de tenter de se donner la mort, dimanche matin.
Malgré l'arrivée rapide des secours, prévenus par un proche de la Genapienne, Joaquin n'a pas survécu. Sa sœur Mégane, de deux ans son aînée, était, hier, toujours plongée dans le coma tandis que l'auteure des faits était aux soins intensifs.
"Elle avait séjourné plusieurs fois en clinique psychiatrique", raconte Joaquim Gonzalez. "Elle en était d'ailleurs sortie il y a deux mois seulement. Mais les autorités judiciaires, le SAJ, l'IPPJ,… ont continué à vouloir lui confier la garde des enfants. Ils ont décidé que la maman allait bien. Mais moi, je savais que ce n'était pas le cas. Je savais que ça allait arriver. Les autorités savaient qu'elle voulait se suicider. Et que les enfants étaient en danger." Le père du jeune garçon, qu'il décrit comme étant "gentil et calme" contre un caractère plus "turbulent" pour Mégane, qu'il avait reconnue sans être le père biologique, avait pourtant effectué les démarches pour obtenir la garde des enfants. En vain. "Ça fait 7 ans que je me bats. Et aujourd'hui, voilà le résultat. Je crois que le fait que les grands-parents maternels soient dans la police a joué. Mais même sa grand-mère maternelle avait fini par porter plainte contre Maïté."
Joaquim dit ne plus entretenir de bonnes relations avec la mère infanticide depuis longtemps. "Je n'avais plus beaucoup de contacts avec elle. Mais je sentais que ça allait se produire."
Une mère au "vécu chaotique et dramatique"
Dans le quartier de la Cressonnière, à Genappe, rien ou presque ne laissait à penser, hier, qu'un terrible drame s'y était joué la veille. Sur la maison de Joaquin et Mégane, seuls des scellés de police et un bouquet de fleurs, sobrement déposé contre la porte d'entrée, permettaient d'identifier la maison où le drame s'est produit. Les quelques riverains rencontrés nous faisaient part, avec dépit, de leur profond désarroi.
Au sein de l'école Saint-Jean, que fréquentaient les enfants jusqu'au 18 janvier dernier avant d'être scolarisés en internat à l'athénée royal de Nivelles, l'émotion était bien palpable. Le centre PMS et une équipe mobile de la Communauté française sont descendus dans l'école pour assurer un suivi psychologique des enfants qui en éprouveraient le besoin. "Les enfants étaient très appréciés et intégrés dans l'école jusqu'à leur départ", précise Cédric Valentin, président du PO de l'école Saint-Jean." Une lettre d'information a été distribuée aux parents. Des moments d'écoute et des permanences sociales seront maintenus toute la semaine pour expliquer les choses aux enfants et donner aux parents les clefs pour répondre aux questions de leurs enfants."
Contacté par nos soins, le procureur du Roi de Nivelles, Jean-Claude Elslander, évoque une "personnalité complexe" dans le chef de Maïté Levêque. Une femme ayant "un vécu chaotique et dramatique."
Hier soir, l'état de santé de la mère n'avait toujours pas permis de procéder à son audition.