Aucun chien détecteur d'explosifs à Brussels Airport: le problème signalé en 2010 !
Où étaient-ils le 22 mars à 7 h 58 ? En tout cas pas à Zaventem.
- Publié le 05-04-2016 à 06h32
- Mis à jour le 05-04-2016 à 06h55

Où étaient-ils le 22 mars à 7 h 58 ? En tout cas pas à Zaventem. La police aéronautique disposera désormais à Brussels Airport de la présence quotidienne de six chiens détecteurs d'explosifs.
La décision fait partie de l'accord intervenu samedi, préalablement au redémarrage de l'aéroport, après qu'il a été relevé que le mardi 22 mars aucun chien explosifs ne se trouvait dans le hall des départs. "Il y aura six chiens explosifs journellement", confirme Vincent Gilles, président du syndicat SLFP de la police. La présence de chiens détecteurs d'explosifs était demandée depuis les années 2000.
Pour Vincent Gilles, on ne saura jamais si de tels chiens auraient dissuadé les terroristes et empêché les attentats à Brussels Airport. On ne peut s'empêcher de rappeler que le 9 février 2010, la Dernière Heure s'alarmait : "Zéro chien explosifs à Brussels Airport : la police fédérale voudrait deux chiens minimum pour combler cette faille béante".
Le problème était que la police fédérale ne disposant en tout et pour tout que de quatre chiens explosifs et demandait l'appui de l'armée, qui répondait que tous ses chiens explosifs étaient engagés en Afghanistan. Le résultat d'une réunion police/armée était qu'on réétudierait la question en 2011.
Le 26 janvier 2011 , nous revenions à la charge en rappelant qu'à Brussels Airport, la police aéronautique attendait toujours au moins un chien explosifs. Et, une fois de plus, le chef de la police de l'aéroport dénonçait des promesses non tenues : "La réponse est toujours non : il n'y a pas d'argent pour cela."
Brussels Airport était présenté comme le seul aéroport international d'Europe de l'Ouest à ne pas disposer en permanence d'un chien détecteur d'explosifs.
Pour Vincent Gilles, le problème, qui ne fut jamais réglé, a relevé pendant toutes ces années d'une option choisie à Brussels Airport de privilégier le l'aspect commercial sur l'aspect sécuritaire. "Quand nous réclamions la présence de chiens explosifs dans le hall des départs, on nous répondait que cela ne ferait de toute façon que déplacer le risque d'attentat devant l'aéroport."
Selon Vincent Gilles toujours, une des données du problème est qu'un chien détecteur d'explosifs "se fatigue vite" et n'est pleinement opérationnel que quelques dizaines de minutes.
Basé à Neerhespen (Linter), en Brabant flamand, l'Appui canin de la police fédérale dispose de cinq chiens formés à la détection d'explosifs. Il convient d'ajouter des chiens pisteurs, des chiens drogue, des chiens spécialisés pour trouver des restes humains, des chiens détecteurs de foyer d'incendie, des chiens de patrouille, des chiens d'attaque et des chiens pour le contrôle de la migration.
Quant à la détection d'explosifs dans les bagages à soute, le fret et le courrier aérien, c'est géré par la DGTA (Direction générale des transports aériens) qui délivre des autorisations pour des équipes EDD (Explosive Detection Dogs) : plus d'une soixantaine à ce jour.
Plus de 1.400 volontaires pour retaper l'aéroport
Depuis ce dimanche, les premiers avions de l'aéroport de Zaventem ont recommencé à décoller. Sensibilisés par les tragiques événements du 22 mars, de nombreux citoyens se sont rassemblés pour manifester leur soutien au personnel, mais également pour proposer une main-d'œuvre gratuite.
Kristof Voet est le fondateur de la page Facebook I'd love to help my Airport (NdlR, je voudrais aider mon aéroport). "Beaucoup de gens se sentaient frustrés par la situation. Ils avaient besoin de se rendre utiles mais ne savaient pas comment", explique-t-il. "J'ai donc créé une page sur Facebook dans le but de centraliser toute l'information. Au départ, j'espérais trouver environ 100 volontaires pour travailler à l'aéroport, déblayer les débris et se rendre utile de n'importe quelle manière que ce soit. Nous avons maintenant dépassé les 1.400 membres !", se targue Kristof Voet, rapidement rejoint par Bart Loones Frank, employé de l'aéroport qui possède plusieurs contacts."L'aéroport a sollicité notre aide pour faire la simulation de la reprise dans le terminal des départs, mais finalement seuls les membres en possession du badge de l'aéroport ont pu y participer. Une question de sécurité que nous comprenons", explique Bart Loones Frank.
L'aéroport a fort apprécié l'aide proposée par ces 1.400 personnes, et pourrait leur faire appel dans un futur pour de nouvelles simulations (par exemple lorsque le nouveau terminal sera construit). "Mais l'esprit de ce groupe est également de montrer au personnel qu'on pense à eux, et de leur donner un message positif plein d'espoirs dans la morosité qui a suivi les attentats."